14239 articles - 12260 brèves

Documents associés :

Type : JPEG

Taille : 14.2 kb

Date : 9-11-2003

Type : JPEG

Taille : 18.6 kb

Date : 9-11-2003

4 Résultats

Mise en ligne : 28 December 2003

Texte de l'article :

Dans cette partie, nous essayerons de mettre en évidence les résultats les plus pertinents, et de voir les éventuelles corrélations entre les différentes réponses.
Nous commencerons dans un premier temps par les statistiques descriptives et l’analyse des réponses ouvertes de l’entretien individuel. Dans un deuxième temps, nous irons plus loin dans l’analyse statistique, et enfin pour terminer nous prendrons quelques cas.

 A ’ Statistiques descriptives.
 Dans cette partie, nous montrerons juste quelques résultats, moyennes, pourcentages, nécessaires à l’exploitation des données.
Nous avons interrogé 28 détenus, dont l’âge moyen est de 21 ans. La plupart de ces jeunes sont en mandat de dépôt  [1] (37,5%) ou pour plus d’un an (21,4%).

Les autres ne sont là que pour une durée plus courte. Les principaux chefs d’inculpation sont des infractions "traditionnelles" (vols, violences, et maintenant stupéfiants [2]). On peut aussi constater que pour 46,4%, ce n’est pas la première incarcération.
On peut aussi s’apercevoir que 53,6% des jeunes avaient un travail à l’extérieur, et que 35,7% ont un niveau BEP-CAP.

 Les individus écroués à la maison d’arrêt de Gradignan, viennent pour 42,90% de Bordeaux centre et 25% viennent des cités de la rive gauche. On retrouve aussi 21,42% des détenus venant de l’extérieur de Bordeaux (Paris, Toulouse, Marseille...).

 En ce concerne notre problématique, on peut noter que les résultats aux items du questionnaire se trouve dans une moyenne légèrement inférieure à la normale.

A la question sur la santé perçue par le détenu, 67% disent avoir une bonne, voire très bonne santé, contre 28,6% qui ont quelques troubles (sommeil, digestif, asthme…). Mais, ils sont tout de même 60,7% à consommer du cannabis [3].

Mais, en prenant, chaque profil un à un, nous pourrons noter quelques profils relativement stressés et anxieux.

Une large majorité (89,3%) participe aux séances d’activités physiques en prison. Mais certains déplorent la pauvreté des activités proposées. En effet, il n’y a que le football, la musculation, le tennis de table et le sport en cellule. Mais ceci dépend des installations et non de la volonté des moniteurs. Quand on leur demande ce qu’ils voudraient pratiquer à l’intérieur des murs, leurs réponses sont variées.
Certains aimeraient faire de la boxe et des sports de combats, d’autres préfèreraient avoir des sports qui sortent du commun, tels que le football américain, le tennis ballon. Et enfin, ceux qui restent très classiques et qui voudraient avoir la possibilité de pratiquer tous les sports.
Quand on leur pose la question, pourquoi faire du sport, les réponses, même formulées différemment, se rejoignent. Ils pensent tous que c’est un bon moyen d’entretenir leur corps, leur esprit, leur condition physique, et de garder une certaine santé et d’être moins stressé. Mais aussi, cela leur permet de « s’évader », d’oublier pendant quelques temps la routine de la prison. Puisqu’en effet, ils sont enfermés 22h/24. Certains détenus parlent aussi de défoulement, de canaliser une énergie quelque fois trop débordante. Pour la plupart, les activités physiques sont, avec leur heure de promenade, les seules activités pratiquées. Parmi les « non sportifs » une réponse revient souvent « ce n’est pas l’endroit idéal pour faire du sport ».
Rares sont ceux qui suivent une formation, lisent… Ils e font, comme ils disent, « rien ». Ils restent la plupart du temps dans leur cellule à fumer et à regarder la télévision. Par contre, certains aimeraient pouvoir suivre des formations pour avoir un bagage. Et ils déplorent les nouvelles lois du ministère sur la reforme des formations comme SP2.

 Afin de connaître et comprendre leur situation face à leur avenir, j’ai posé les questions suivantes « As-tu un projet d’insertion à la sortie ? » et « que vas-tu faire à ta sortie ? ».
On peut constater que 57,14% ont un projet de formation, d’étude ou de travail à leur sortie de prison. Pour les autres, ils disent « ma sortie me parait trop loin pour pouvoir faire des projets ».
Quant à la deuxième question, quatre réponses ressortent du lot. Ils veulent partir en vacances pour décompresser de la prison, ils veulent voir leur famille, certains parlent de regarder longuement le ciel au dessus de leur tête, et enfin, la dernière réponse est de refaire une vie.

 Et quand on leur demande si la prison les a fait réfléchir, ils répondent tous oui, même si certains émettent un mais…
En effet, tous sont en accord pour dire que la prison est un lieu de réflexion, de remettre « les pendules à l’heure », de réfléchir sur ce qu’ils ont fait, à leur avenir. Ils disent qu’ici ils sont obligés de penser car il n’y a rien d’autre à faire. « Franchement, en toute sincérité, j’ai beaucoup cogité pour mon avenir, et la prison fait mieux que réfléchir… ». Ils espèrent ne jamais revenir. Mais même si ils réfléchissent tous, ils nous disent aussi que dès que tu es dehors, que tu retrouves tes amis, ta vie, tu retombes facilement dans ta vie d’avant et le risque de retourner en prison n’est pas nul.

B ’ Statistiques explicatives.
Dans cette partie, nous proposerons des statistiques explicatives sur les résultats grâce à des nuages de points, des tableaux de corrélation, ou bien des tableaux croisés…

Les profils obtenus par le questionnaire montrent que 53,57% de la population interrogée à un indice général en dessous de la normale (passable ou faible). Ceux-ci sont stressés et leur capacité à affronter ce stress est très faible.
 
Si l’on observe chaque item un par un, nous pouvons voir les résultats suivants :

Nous pouvons constater que les résultats « négatifs » se retrouvent au niveau du Bien-être, de la Compétence et de la Stabilité. En effet, dans ces items là, plus de la moitié des détenus ont un profil très bas. Alors que pour le calme, 64,29% s’estiment non anxieux. Le calme est le seul item qui soit « positif », où les détenus ont un indice normal ou/et bon et super.

Afin de voir si les activités physiques ont une influence sur l’indice général et le stress des détenus, nous avons fait un test de « Student ». Après avoir regardé les résultats, nous pouvons en conclure d’une manière générale les activités physiques n’ont pas d’influence sur l’indice général. (t>0,05).
Par contre, on peut constater que le cannabis, lui peut avoir une certaine influence sur les certains items et sur l’indice général. En effet, on peut voir que les indices aux différents items augmentent parallèlement au nombre de fumeurs.
Par exemple, le cannabis peut influer sur le calme du détenu (10 détenus sur 28 qui fument du cannabis, ont un indice de calme entre 46 et 70, alors que seulement 4 non fumeurs atteignent ces indices.) sur leur confiance, sur leur bien être, sur leur compétence.

 En croisant les questions « faites-vous du sport » et « votre santé perçue », on peut noter que les résultats sont tout de même moyens. En effet, sur 25 individus participant aux séances d’activités sportives, 16 (64%) estiment avoir une bonne santé voire très bonne, mais 7 (28%), tout de même, se plaignent de problèmes divers.

 Nous avons voulu voir quels items pouvaient influencer le plus l’indice général afin de pouvoir proposer par la suite des activités adéquates agissant sur un des items. Grâce aux diagrammes de dispersion nous avons pu en déduire que c’était la confiance, le bien-être et la stabilité qui influençait l’indice général. Ceci pouvant se confirmer avec les tableaux de corrélation. Les items cités au dessus ont respectivement « r » les plus de 1 ; 0.789, 0.920, 0.598.
Par contre, nous pouvons constater que l’item « Calme » n’avait aucune influence sur l’indice général.

De son coté, mon collègue a obtenu les résultats suivants : Il a prouvé grâce à une analyse en composante principale qu’il y a une indépendance et une complémentarité entre chaque item. Chacun étant indépendant de l’autre mais la variation de l’un peut entraîner la variation de l’autre, et donc faire varier le niveau de stress. Il montrera grâce à l’analyse des items et à Spearman, les items mal formulés et n’exprimant pas l’indice que nous avons voulu lui attribuer. Nous avons pu constater que chaque pole regroupe une concentration des items appartenant au même indice, à l’exception des items représentant l’indice « calme » qui apparemment sont assez éparpillé.
Ceci peut signifier que les questions concernant cet indice sont mal comprises ou bien confondues avec d’autres indices par les sujets. Il faudra donc modifier cet item pour une meilleure compréhension.

Notes:

[1] En attente de leur jugement

[2] En 1997, 19% des détenus étaient incarcérés pour ce même délit. (L. Wacquant, Les prisons de la misère)

[3] Une personne nous a avoué prendre de la cocaïne à l’intérieur de la prison