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Thorn Jean-Pierre - On n’est pas des marques de vélo

Mise en ligne : 7 November 2003

Dernière modification : 17 August 2006

Texte de l'article :

On n’est pas des marques de vélo
film de Jean-Pierre Thorn
 Film documentaire français

Réalisation : Jean-Pierre Thorn
Sortie : 2002

89mn

 
"Un destin à la fois individuel et collectif - son utopie et sa chute - l’histoire d’une génération au coeur des banlieues nord de Paris (le fameux "93") où naquit en France le mouvement Hip Hop au début des années 80". Jean-Pierre Thorn, réalisateur en son temps, dans le cadre des productions des "Etats Généraux du Film Français", du long métrage "Oser lutter, oser vaincre, Flins 68", retrace avec la collaboration du chorégraphe Farid Berki, l’histoire d’un jeune danseur. Bouda, dont les parents immigrés sont aujourd’hui naturalisés. Agé de 30 ans, il est revenu en France en 1997, neuf mois après son expulsion vers la Tunisie. Entré régulièrement en France à l’age de 4 mois, il vit aujourd’hui encore dans la clandestinité.
Il a fallut que la toxicomanie s’en mele... Car, à son adolescence, ce meme Bouda, avant d’etre condamné au début des années 90 dans des affaires de trafic de stupéfiants, avait participé activement, plus jeune que la plupart des autres danseurs de l’époque, à l’émergence d’un mouvement culturel puissant, appelé à etre durablement représentatif de la jeunesse de banlieue.
La double peine qui le touche, on le comprend, concerne, au-delà d’un individu et d’une famille, toute une partie de la société banlieusarde. Ce film montre à quel point le chemin est long, pour ces jeunes stigmatisés, aujourd’hui adultes, pour etre acceptés comme personnes.

 Le film : "Le film accompagne un combat solitaire contre l’exclusion, en s’attachant aux pas d’un personnge unique dans son individualité, mais devenu (dans son échec meme) un symbole des conséquences dramatiques de l’iniquité d’un système qui divise la France, traite sa jeunesse comme un ennemi de l’’intérieur, lui applique des règles d’exeption et lui refuse le principe de l’égalité devant la loi. Là est mon désir, vital, de filmer", dit Jen-Pierre Thorn à propos de sa démarche.

 L’avis du Maitron : Ce documentaire de Jean-Pierre Thorn rythmé par d’impressionnantes chorégraphies de HIP HOP avec la compagnie Melting Spot et une excellente bande-son est né par hasard. Sur le casting d’une comédie musicale pour M6, le réalisateur rencontre Bouda ancienne star de HIP HOP. Le projet annulé Jean-pierre Thorn désire réaliser un documentaire sur la vie de Bouda avec en toile de fond la Seine-Saint-Denis, la vie en cité faite de ses quelques délits et enfin la double peine.
Ahmed de son vrai prénom est un danseur de HIP HOP connut dans le métier (on retiendra l’intervention de Kool Shen et de Sydney) et reconnut par ses amis nombreux à témoigner.
Le film dévoile au compte-gouttes ce que fut sa vie faite de danse certes mais aussi de petits larcins. Toutefois ceux-ci se transforment parfois en « gros business » et Ahmed est arrêté en 1993 pour trafic de stupéfiants. Après avoir purgé une peine de 4 ans, Bouda victime de la double peine est expulsé en Tunisie, privé de ses papiers et un arrêté ministériel lui interdit définitivement le territoire.
Aujourd’hui, Bouda est de retour il ne peut et ne veut pas vivre en Tunisie, issu de parents français il n’a jamais vécu là-bas et ne parle arabe. Mais comment vivre en France sans existence légale ? Bouda vit hors du monde, hors du temps il est touchant dans l’analyse de sa propre vie. Il reconnaît ses erreurs et veut s’en sortir mais comment faire quand on « vous coupe les ponts » ? Bouda voudrait une famille mais « ...il n’en a pas le droit... » Qu’en à son frère dans le même cas, s’il respecte l’arrêté il est contraint de quitter femme et enfants. Même si le documentaire devient un plaidoyer pour la cause de Bouda il en reste un film attachant, touchant mais aussi dur lorsque le père de Bouda prend la parole.
Au final, nous en venons nous aussi à nous interroger sur cette pratique de la double peine, son intérêt, mais aussi son efficacité.
Certains diront qu’il fallait réfléchir avant nous qu’il faut donner une seconde chance.

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