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Etre surveillant(e) de prison

Témoignage d’un surveillant entendu dans l’émission "Là-bas, si j’y suis"

Mise en ligne : 9 January 2003

Dernière modification : 6 December 2004

Entendu dans l’émission « Là-bas, si j’y suis » de Daniel Mermet 08 Janvier 2003 : Le meilleur du répondeur (2) Sur France Inter, du lundi au vendredi de 17h à 18h

Texte de l'article :

 Voilà Daniel, je suis surveillant pénitentiaire à l’écoute de ton émission depuis pas mal de temps, et malgré l’image que les médias véhiculent sur cette terrible profession qui est la mienne, si tant est qu’on puisse appeler ça une profession, je tiens à te dire que certains d’entre nous, « les matons », ont une conscience beaucoup plus large des choses que l’on peut l’imaginer étant en confrontation directe avec la population pénale. Nous sommes à même d’avaliser la thèse de Loïc Vacquant et de dire que notre fonction s’approche plus de celle d’infirmière psychiatrique que l’on ne puisse le dire. Mais ni la formation adéquate ni la reconnaissance ne nous sont données. Bon, je ne compte pas non plus faire le bureau des pleurs des surveillants pénitentiaires car il y a un bon nombre d’entre nous qui sont des connards, je tiens à le dire, mais voilà c’était simplement un surveillant humain qui a vu un concentré d’horreurs et qui continuera malgré tout à voir un concentré d’horreurs mais qui ne cautionne pas la politique de son administration, bien au contraire qui lutte contre mais de l’intérieur et la tâche est beaucoup plus dure que l’on ne le croit. Je te souhaite bon courage dans la suite de tes pérégrinations et bonjour à tous tes auditeurs. A plus tard.

Je ne laisserais pas mes coordonnées étant donné que nous sommes soumis à ce que l’on appelle le devoir de réserve.