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UGSP-CGT On ne plaisante pas avec la vie, surtout avec celle des autres !

Publié le Saturday 28 January 2006 | http://prison.eu.org/ugsp-cgt-on-ne-plaisante-pas-avec/

ON NE PLAISANTE PAS AVEC LA VIE,
SURTOUT AVEC CELLE DES AUTRES !

Par un courrier datant maintenant d’une semaine, dix détenus de la Maison Centrale de Clairvaux réclamaient que leur soit appliquée la peine de mort réelle plutôt que celle de mort lente à laquelle ils sont livrés, privés de toute perspective de libération, y compris après exécution de leur peine de sûreté.

A ce cri de désespoir, notre Ministre de la Justice a répondu en parlant de manipulation, de conditions de détention presque enviables et en concluant : « Si on les prenait au mot, combien se présenteraient ? ».

Même si le Ministre n’en est pas à sa première réaction aussi primaire que déplacée, la CGT la juge particulièrement inadmissible et ce d’autant plus qu’une nouvelle fois son constat de la situation est erroné. Ce n’est pas sans causes que nombre de personnes détenues dans ces conditions sombrent dans la folie !

On ne doit pas parler de façon approximative des conditions d’incarcération en Maison Centrale. Même si elles correspondaient à celles décrites par Le Ministre, elles n’en demeureraient pas moins extrêmement difficiles, voire insupportables dès lors qu’elles ne s’inscrivent dans aucune perspective de libération.

Savoir comment sanctionner les crimes les plus graves dans le respect des droits de l’homme dans une perspective de réintégration sociale est un sujet particulièrement sérieux et difficile pour ne pas l’aborder approximativement et de surcroît avec des sous-entendus comme cela vient d’être fait.

 La CGT constate que les peines les plus longues et les peines incompressibles ont prouvé leur absence d’effet dissuasif. En supprimant l’espoir et en attisant la haine, elles rendent extrêmement difficile la gestion de ces périodes infinies.

 Une personne ne peut pas se reconnaître effectivement dans un verdict ne lui laissant aucune possibilité de faire valoir une évolution de son comportement. Il faut donc absolument signifier que toute personne a une libération en point de mire et par conséquent une raison de vivre, d’espérer, de tout faire pour construire un projet. C’est une notion de pacte social primordial avec la personne incarcérée.

 Selon la CGT, les plafonds prévus par le code pénal doivent être baissés à un niveau raisonnable et les peines incompressibles, sommet de la répression pénale doivent être abolies. Les peines prononcées doivent être exécutées dans une logique d’aménagement progressivement orienté vers une libération accompagnée.
 
 Il serait plus avisé et pour la société et pour les personnes condamnées à de lourdes peines de réfléchir dans cette direction plutôt que de se livrer à des provocations. La détresse peut conduire à l’irréparable. 

 Montreuil le 27 janvier 2006 

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