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La Vie en prison... vue de "dedans" - Paul Denis

(2006) Blog 41 "La récidive... "

Mise en ligne : 5 November 2006

Texte de l'article :

La récidive...

1019 Jours de détention... en Centre de détention
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie

La prison :

Ce mot m’inspire la réflexion suivante :

A ma connaissance, à ce jour, la majorité ou pour le moins, les plus grandes sont souvent archaïques, vétustes.
J’ai entendu dire, à juste titre, qu’elle est la honte d’une société qui se dit moderne, démocratique, civilisée et respectueuse des droits de l’homme.
C’est un lieu où l’on fabrique des délinquants et des révoltés contre la Justice, mais aussi contre toute forme de vie sociale.
Elle est faite pour punir et pour amender (corriger)... !
Elle punit peut-être, mais il est certain qu’elle n’améliore pas l’individu, ça c’est sûr.
Il n’y a ni réelle réinsertion, ni formation, mais plutôt un apprentissage du « milieu délinquant »...
Il est plus facile (probable) d’en ressortir « voyou » qu’honnête homme...

On y trouve sur chaque porte : le n° de la porte, le nom du détenu, le n° d’écrou, par le jeu d’une étiquette de différente couleur (jeune, DPS - détenu particulièrement surveillé, religion), parfois régime alimentaire (sans porc, édenté, etc...).
Cela manque, pour le moins, de confidentialité et d’intimité... On n’en fait pas plus pour du bétail... de foire.

Chaque cellule, chaque ouverture (fenêtre) est équipé de barreaux qui sont sondés (testés), chaque jour, bruit régulier qui s’entend de loin.

C’est tout un cérémonial : deux surveillants, un dehors, un dedans. L’accès de la cellule est bloqué pour que le surveillant ne soit pas « enfermé ». J’ai, une fois, interrogé un surveillant qui était là depuis longtemps et il m’a avoué ne pas connaître le bruit d’un barreau « en train d’être scié »... mais ce sondage doit être effectué, précise le règlement.

On parle de récidive... :

On parle de « en état de récidive ». Cela se dit d’un individu qui a déjà été condamné (en général, pour les mêmes faits). Cela aggrave toujours la peine encourue qui peut être doublée.
Le nombre élevé de « récidivistes » me pose les questions gênantes du style :
. la 1ère condamnation a-t-elle été justifiée et n’a-t-elle pas provoqué un sentiment d’injustice et déclenché une haine contre le système ?
. une « réinsertion » a-t-elle été mise en place pour éviter cette récidive ?
. la prison n’a-t-elle pas favorisé les délits suivants. Et cela repose le problème du mélange « prévenu et condamné », « petits et grands délinquants », primaires et récidivistes, des jeunes avec de plus âgés.
. l’état psychologique, familial, social et/ou financier à sa sortie de prison, n’a-t-il pas contraint l’ancien détenu à commettre de nouveaux délits (le même ou d’autres).
A vrai dire, la prison se révèle souvent plus destructrice qu’il n’y paraît.
Se reconstruire, pour un individu, est plus difficile que l’on croit.
Sans aide, rares sont ceux qui y parviennent.

A suivre sur le blog

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