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VOUS AVEZ DIT SEXE ?

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Type : Word

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Date : 27-06-2006

Mise en ligne : 27 June 2006

Texte de l'article :

VOUS AVEZ DIT SEXE ?

Prison, prison je te maudis, qu’as-tu fais de moi ? Le temps, ce temps que tu m’as infligé ; ce temps m’a réduit au rôle d’eunuque ; qu’as-tu fais de ma libido. Prison je te maudis.

Il y a eu ces premiers jours, ces premiers temps, ces moments ou ma mémoire a gardé les image de ton corps ; ces premiers jours, ces premiers mois, j ‘ai pu rêver, j’ai pu virtuellement ressentir encore, reconnaître tes parfums, sentir sur la paume de ma main la douceur de ta peau satiné, connaître et reconnaître le galbe d’un sein, tes jardins secret, tes chaudes oasis.

Mais le temps, ce temps ; je te maudis prison.

Comme si j’avais tracé ton image sur le sable de la plage, le vent, l’eau, le temps se sont unis pour qu’a chaque jour, une courbe s’éfface, un galbe disparaisse. Tes jambes, tes hanches, le creux de ton épaule, tout s’efface. Je pense, je force, j’essaie nuit après nuit, de reconstruire ton corps. Femme tu m’échappe. Dans ce monde de fou mes nuits étaient belles. Dans se monde de fou mes nuits deviennent de plus en plus noires.

Où es-tu mémoire ? Ne me laisse pas, laisse-moi la voir encore, laisse-moi encore une fois, dans mon rêve, la toucher. Laisse-moi entrevoir une dernière fois la cambrure de ses reins.

Voilà des mois, à présent que je ne sais plus, j’ai oublié vos parfums,j’ai oublié la douceur soyeuse de vos cheveux entre mes doigts, j’ai oublié la sensation délicate de ma main sur votre peau satinée, j’ai oublié la sensation de votre peau chaude contre la mienne. J’ai oublié vos baisers, vos lèvres au goût de framboise ; j’ai oublié vos yeux plongés dans les miens. J’ai oublié votre souffle à l’instant ou nos corps se connaissent.

Une vague emplie d’écume a effacé sur le sable la silhouette que j’avais tracée. Il ne me reste qu’un vague souvenir celui d’avoir un jour connu l’amour.

Mais qu’est-ce que l’amour ?

Mémoire tu me fais défaut.

Prison je te maudis.

Il ne me reste qu’un grand silence, il ne me reste que quelques photos de magazines ; des photos sans vie, sans parfum, sans sensation. Des images qui n’arrivent même pas à mettre le feu à ma mémoire. Prison je te maudis. Suis-je un homme à présent ? Qu’il est lourd ce silence.

Jean-françois DUDOUE Juin 2006 maurice_12_j@yahoo.fr