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Actions en détention (Croix Rouge)

Mise en ligne : 13 August 2004

Dernière modification : 15 August 2010

Texte de l'article :

 Actions en milieu carcéral 
 
 Lutter contre toutes les souffrances. Ce principe guide les actions de la Croix-Rouge française en milieu carcéral. Lutter contre la souffrance des personnes détenues bien-sûr, mais aussi celle de leur famille et du personnel surveillant.
Pour ne pas ajouter l’enfermement à l’enfermement, la Croix-Rouge multiplie les initiatives afin de soutenir les plus démunis d’entre les démunis, de renforcer les liens entre l’intérieur et l’extérieur, d’établir de nouveaux repères au coeur d’espaces en perdition. 
 
 LE CADRE DE L’ACTION CROIX-ROUGE 
 
Depuis 1999, la Croix-Rouge est liée au Ministère de la Justice par une Charte et à la direction de l’administration pénitentiaire par une Convention-partenariat définissant les principes et les objectifs de son intervention en milieu carcéral.
Pour mener à bien ses missions, la Croix-Rouge participe, au sein des établissements pénitentiaires, aux commissions de surveillance (qui donnent un état des lieux de chaque établissement), aux commissions indigence afin de répondre aux besoins des plus démunis, aux commissions suicide (il y a 7 fois plus de suicide en prison) et enfin aux associations culturelles et sportives mises en place afin de favoriser l’aide à la réinsertion des personnes détenues.
 
Ses missions :
 
Contribuer à l’amélioration des conditions de vie des personnes détenues, en particulier les plus démunies et maintenir les liens familiaux
Contribuer aux actions de préparation à la sortie
Favoriser l’insertion des personnes sortant de prison
 
Pour atteindre ses objectifs, la Croix-Rouge s’appuie sur un réseau de référents-prison 
 
 LES ACTIONS PRIORITAIRES 
 
 LA FORMATION AUX PREMIERS SECOURS 

C’est l’un des piliers de l’action de la Croix-Rouge en milieu carcéral. "j’ai plus d’assurance pour aller vers les autres et c’est toujours valorisant d’avoir un diplôme" explique un jeune détenu. Porteur de civisme et de solidarité, l’enseignement des gestes qui sauvent rencontre un vif succès auprès des détenus mais aussi des surveillants auxquels des sessions sont également proposées.
La formation permet d’acquérir la pratique des gestes essentiels d’urgence mais elle offre aussi un espace de réflexion sur le sens de la vie, le rapport aux autres. Elle concourt à l’émergence d’une prise de conscience qui favorise la réinsertion à la sortie. Ce faisant, la Croix-Rouge approfondit sa connaissance du monde de la prison, des modalités d’actions à privilégier pour répondre à des besoins multiformes. 
 
CROIX-ROUGE ÉCOUTE DÉTENUS

Abritant, pour l’essentiel, des détenus issus de groupes défavorisés, le milieu carcéral concentre et exacerbe les maux et souffrances que secrète notre société. Tous les trois jours, une personne s’y suicide, 20% des détenus souffrent d’une pathologie mentale, 18% sont totalement illettrés et 10% vivent dans une indigence absolue. Depuis 2000, une ligne d’écoute à destination de la population carcérale, particulièrement vulnérable et isolée, a été mise en place progressivement dans certains établissements pénitentiaires. Anonyme et gratuite, elle vise à lutter contre la détresse morale des détenus et à prévenir les passages à l’acte violents ou suicidaires. Reposant sur une stricte confidentialité, ce dispositif est animé par des écoutants formés. 
 
ACCUEIL DES FAMILLES EN ATTENTE DE PARLOIR

Le maintien du lien familial est déterminant dans le processus de réinsertion des personnes détenues. C’est pourquoi la Croix-Rouge s’emploie à créer dans tous les établissements pénitentiaires des lieux d’accueil des familles en attente de parloir. Ces espaces sont conçus pour créer un climat de détente et adaptés à l’accueil des enfants. Cette action vise non seulement à épargner aux familles un sentiment d’humiliation, mais aussi à valoriser l’importance du lien familial pour les détenus. "Les visites fidèles les soutiennent dans la vie de tous les jours. Ce peut être une antidote contre la récidive quand les ruptures et les abandons au contraire la favorise" rappelle D. Ferrière, président du TGI d’Ajaccio. 
 
 Maison d’accueil de Mont-de-Marsan 
 
 Depuis le 3 avril 2002, un centre d’accueil géré par la Croix-Rouge et le Secours Populaire reçoit les proches des détenus. Un espace unique où on ne leur demande rien. On essaye simplement de les apaiser, de les réconforter, sans évoquer la vie de leur proche en détention, insiste Claudine bénévole.
Pourtant le besoin de se confier l’emporte souvent, "je ne supporte plus cette lourde porte qui se referme sur moi. A chaque fois j’ai la sensation d’être moi-même écrouée, d’étouffer. Ce lieu agit comme un sas de décompression avant le retour au monde..." confie Marion. Pour Denise aussi "l’écoute des bénévoles est très importante" et elle ajoute : "avant que le local soit ouvert, j’attendais dans ma voiture, ou sur le trottoir, qu’il vente ou qu’il pleuve, sous le regard des passants parfois lourds de sens !" 

 
ACTIONS CLASSIQUES 
 
 Agir sur les souffrances, en contact direct avec les réalités vécues par les détenus et leurs familles, tel est l’axe autour duquel se déclinent les initiatives de la Croix-Rouge de préférence en partenariat avec d’autres associations. L’aide aux indigents est une des actions menées traditionnellement par les bénévoles de la Croix-Rouge. Des Kits hygiène et des vêtements sont régulièrement distribués aux plus démunis. Des opérations colis de Noël sont aussi organisées chaque année, elles permettent aux personnes détenues d’offrir un cadeau à leurs enfants. 
 
 A Fleury Merogis
 
A Fleury-Mérogis (7 maisons d’arrêt, 5 000 détenus) La CRF anime des actions spécifiques : séances d’écoute et de dialogue dans le quartier des mineurs ; prévention de l’alcoolisme et de la toxicomanie auprès des majeurs en fin de peine ; séances d’expression libre permettant aux femmes de conjurer leurs peurs et d’exposer leurs projets... 
 
 LE TIG, TRAVAIL D’INTERET GENERAL 
 
Alternative aux courtes peines d’emprisonnement, le TIG consiste pour le condamné à effectuer un travail non rémunéré d’une durée de 40 à 240 heures dans un délai de 18 mois au plus. Le prévenu doit avoir donné son accord. Dans le cas de mineurs, le TIG doit présenter "un caractère formateur de nature à favoriser l’insertion sociale des jeunes condamnés". La Croix-Rouge s’est engagée à accueillir 1000 TIG dans son réseau. 

Site source : La Croix Rouge