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> Edito

L’Homme frontière

Mise en ligne : 23 janvier 2002

Dernière modification : 6 novembre 2013

Texte de l'article :

La loi de sécurité quotidienne est anticonstitutionnelle. Elle s’appliquera indifféremment à toute personne au bon vouloir des politiques, des magistrats, des polices. C’est une loi martiale que l’on a instaurée, un régime d’exception pour être plus précis c’est de l’arbitraire légiféré.
La finalité de cela, c’est la protection de l’économie libérale, ce fascisme soft. Peu de voix s’élèvent, pour cause de 11 septembre, comme si le monde devait-être douleur américaine ? C’est faire peu de cas des morts d’Irak, du Kurdistan, de Palestine, et de tant d’autres dans les conflits liés à l’expansionnisme économique américain. La politique des Etats-Unis ambitionne, à travers les organismes officiels - ONU, OMC, FMI, TPI, et bien d’autres - de bâillonner militairement et économiquement la planète. Ne nous y trompons pas, ceux qui contrôlent le monde ne se déclarent jamais officiellement (Echelon) en manipulant, finançant, en armant des guérillas dans un jeux de dupe dont les pays occidentaux sont complices. On allume un incendie pour faire un contre-feux, afin de masquer ses propres exactions. Devons-nous nous y résoudre ?

La devise de l’argent roi est : "l’économie doit primer sur l’homme et son humanité".
Le danger de ces différentes lois d’exceptions, mises en place depuis le 11 septembre, est de stigmatiser des régions, des pays, et bien évidement des populations ou des communautés afin de les faire identifier comme étant l’ennemi. On les nomme aussi sauvageons ou terroristes.
Le seul ennemi qu’il faille combattre c’est nous-même, nos propres peurs, notre propre inhumanité. C’est lorsque nous nous serons débarrassés de nos propres démons intérieurs que nous arriverons à créer l’harmonie nécessaire à la mise en place de cette humanité dont nous sommes à la recherche. A partir de ce moment, l’économie libérale n’aura plus lieue d’être, car nos rapports seront fondés sur autre chose que l’argent et le pouvoir.

Quel lien avec la prison ? La prison est le lieu où l’on enferme "l’ennemi commun". En l’éliminant, on croit pouvoir résoudre les problèmes structurels de nos sociétés. La prison n’est que notre propre rejet de nous même. Elle ne résout rien. Il faut supprimer en soi ses propres angoisses.
Le véritable problème est le pouvoir ; les pouvoirs ; y compris les contres-pouvoirs aussi arbitraires que les premiers...

Ne nous laissons pas enfermer dans des dialectiques inversées. L’ère de la tolérance 0 est un risque
Majeur. En refusant de mourir (donc d’avoir peur) nous repoussons les limites de la vie et nous atteignons la non-vie et ainsi nous nous dépossédons de nous-même en nous livrant à la politique du risque 0 qui nous mène directement à la tolérance 0 donc à la prison pour les rebelles, les "étrangers", les démunis, alors que l’on applique la tolérance absolue pour les plus puissants.

La tolérance 0 ce sont tous les lieux d’enfermements - les prisons, les camps de rétentions, les hôpitaux psychiatriques - ceci afin de nous rappeler nos propres doutes, nos propres angoisses, nos propres peurs que nous refusons de combattre car il et plus facile de les rejeter sur l’autre, le "différent", "l’étranger", il n’y d’étranger que nous-même.

Refusons les prisons, réfléchissons à d’autres formes d’organisations, des rapports plus humains, plus fraternels, une société plus juste, et débarrassée de l’arbitraire. Refusons les lois d’exception, la guerre, la faim dont certaines régions du monde souffrent de façon chronique.

L’homme disait : "Il y a plus beau que la lumière, il y a la parole échangée"

Ban Public

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