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Fraternelle des détenus de Val de Reuil, appel à solidarité

Mise en ligne : 14 March 2003

Dernière modification : 14 March 2003

Texte de l'article :

FRATERNELLE DES DETENUS de VAL-de-REUIL
COLLECTIF des DETENUS en LUTTE De VAL-de-REUIL

Le 03/03/2003

TEXTE ECRIT POUR LA DEFENSE D’UN CAMARADE MILITANT PERSECUTE PAR LA JUSTICE FRANCAISE

Chers Camarades, compagnons, compagnes,

Nous savons que les détenus de VAL-de-REUIL n’ont pas bonne presse et que l’on fait passer le CD dans la région pour un Centre de Détention modèle.

Nous sommes deux groupes de détenus qui venons vous informer que le 18 mars 2003, un de nos camarades terminant une peine de 19 ans de prison pour vol à main armée et association de malfaiteurs est poursuivi par la Juge d’Application des Peines Madame VAILLANT-BIACHE attaché au CD de VAL-de-REUIL et au TGI d’Evreux.

De nombreux articles sont sortis dans les journaux assistant les détenus sur la région parisienne, sur les Radios telles que Radio-Beur, Radio-Libertaire et Radio-Fréquence-Paris Plurielle dans son émission « L’Envolée » dont le journal est illégalement censuré par la pénitentiaire, alors qu’aucun procès n’est venu interdire le journal.

Notre codétenu, militant libertaire, ex-fondateur des Comité d’Action des Prisonniers dans les années 70, âge de 55 ans, libéré en principe le 30 avril 2003, après 14 ans sans sang sur les mains, est poursuivi pour outrage et atteinte à la dignité de la juge d’application des Peines.

« Prévenu d’avoir, à Val-de-Reuil et dans le département de l’Eure, entre le 1er janvier 2002 et le 5 septembre 2002, outragé en paroles ou écrit non rendu public ou image non rendue publique de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à sa fonction, madame Corinne LEVAILLANT - BIACHE, Juge de l’Application des Peines, dans l’exercice de ses fonctions, en lui écrivant par courrier enregistré le 18 février 2002, au service de l’application des peines : « Je vais donc travailler chez des gens de mêmes idées politiques d’extrême droite que vous » et lui écrivant le 27 mai 2002 : « Je n’ai aucun respect pour votre profession qui n’est pour moi qu’à la solde du capital et de la répression de la classe ouvrière et des miséreux » (...) « a Val-de-Reuil, la JAP est mauvaise et elle allonge les peines, se venge sur les détenus de ses problèmes extérieurs, c’est une ancienne procureur »...

Nous venons ajouter ceci : en regardant le Code Procédure Pénale et les cours de droit pénal de la Fac de Villetaneuse, nous nous demandons si cette « comparution volontaire » (art. 389 et suivants du CPP, est bien légale). Notre codétenu, n’a jamais été informé qu’il était poursuivi.

Voilà comment s’est déroulé l’affaire :
Venant de la Maison Centrale de St Martin de Ré, après celle de Poissy et celle de Moulins-Yzeure, il écrit la première fois pour dévoiler des dysfonctionnements du CD de VAL-de-REUIL au niveau de la Commission d’Application des Peines. Il écrit une première fois à cette JAP Madame VAILLANT-BIACHE à son arrivée pour lui dire ce qui n’allait pas dans son comportement. C’est par un membre du personnel pénitentiaire qu’il a été informé que la JAP avait remis au procureur sa lettre, sans lui dire qu’il était poursuivi. La lettre avait fait du bruit dans toute la détention.

Quelque temps plus tard, disons 3 mois après, il y a eu une réunion de détenus à la salle de spectacle où tout le monde pouvait s’exprimer. Il s’y est rendu, en a mis plein la figure à la JAP, la traitant de raciste par son attitude vis à vis des détenus d’origine maghrébine ou d’Afrique noire. Là, jamais elle ne lui a dit qu’elle le poursuivait pour sa lettre ou lors de cette réunion, où il l’a aussi traitée de menteuse.

Il lui a écrit cette lettre du 27 mai dont parle la convocation dans la prévention. Il n’y a jamais eu de lettre du mois de septembre comme il est dit dans la prévention. Donc, en septembre il n’est toujours pas informé de poursuites.

En septembre, les gendarmes viennent le voir et disent qu’ils viennent l’entendre au sujet de ses courriers adressés à la JAP et sur l’article publié dans « L’Envolée » dans son journal et sur le site Internet du journal et le site Internet du groupe MIALET. Eux non plus ne me disent pas qu’il est poursuivi. Il explique aux pandores, le racisme, le climat d’insécurité qu’elle crée dans la prison par son attitude, sa façon de faire, pourquoi elle crée des futurs Ben Laden par la haine qu’elle inspire auprès des jeunes musulmans.

Jusqu’au 15 janvier, rien et là cette convocation en « comparution volontaire ». C’est quand même assez étrange non.

Comme vous le savez, Evreux est le fief du très répressif DEBRE JL, les magistrats d’Evreux sont hypers répressifs comparativement aux autres tribunaux.

Ce qui est étrange, c’est qui est étrange, c’est que notre codétenu n’est poursuivi que pour les lettres non rendues publiques, alors que la même chose a été publié dans l’article de « l’Envolée » et sur des sites Internet de ce journal que vous pouvez consulter et autant sur le site du groupe MIALET (groupe de Loïc LE FLOCH-PREGENT) . Nous constatons aussi que dans la revue de l’Observatoire International des Prisons de mars 2000, déjà était dénoncé ce qu’il se passait ici, et en 2002, rien n’avait changé. Karl Zéro a fait une émission sur VAL-de-REUIL, FR3 régional aussi pourtant réputé paraît-il pour être du bon coté du manche comme la presse régionale. Des amis sur la Belgique nous ont dit : que les articles ont été lus dans leur pays, VAL-de-REUIL est le plus grand CD d’Europe, le plus répressif en ce qui concerne la Commission d’Application des Peines : 1,8% de permission à Noël alors que la moyenne nationale fut de 23% (chiffre officiel).

Nous avons bien étudié l’article 389 du code de Procédure Pénale, constations que la procédure n’est pas légale, notre codétenu aurait du recevoir une citation. Son avocate s’occupe de l’affaire Maître Aude LEQUERRE-DERBISE du Barreau du Val-de-Marne en rigole, enfin notre camarade va pouvoir dénoncer ce qu’il se passe ici.

Dans toutes les prisons de France, les détenus se passent le mot qu’ils ne doivent pas demander à venir à Val-de-Reuil car la JAP allonge les peines. Encore dernièrement, sur Radio-Beur, radio-Libertaire, Radio-Fréquence-Paris Plurielle, des détenus font parvenir des courriers pour conseiller aux détenus de ne pas demander à venir à Val-de-Reuil.

Dernièrement, à Bois d’Arcy, des détenus ont refusé de partir pour VAL-de-REUIL.Ce Centre de Détention, que l’on fait passer dans la région comme un centre modèle est surnommé dans les prisons françaises le Centre d’Allongement des Peines. Il y a plus de 380 demandes de transferts de détenus, 170 demandes de mutations de surveillants.

Dans la détention son attitude crée un climat d’insécurité ressentit jusqu’au niveau des surveillants. Elle a longtemps refusé permissions et conditionnelles aux détenus d’origine maghrébine alors qu’en même temps on mettait en libération conditionnelle l’assassin membre du FN qui avait tué un jeune comorien. Un des membres du SAC responsable des 6 meurtres de Loriol dont des enfants, femmes et vieillards. Elle laisse mourir de vieux détenus qui on fait moins de mal que Papon.

Elle demande aux détenus de déposer des demandes de permission afin d’avoir son quota, mais une fois le détenu mis en condition, elle trouvera toujours des argument pour refuser. La première fois se sera un prétexte, la seconde un autre prétexte, la troisième encore un autre jusqu’à ce que le détenu se lasse, que sa haine monte et enfin devienne un fondamentaliste religieux.

Encore dernièrement, un-détenu demande une permission pour aller passer son permis de conduire, on la lui refuse parce qu’il n’a pas voulu faire le test ADN pas encore obligatoire à l’époque, la seconde fois, il demande sur conseil de la direction, une permission sportive afin de pouvoir aller faire un combat de boxe Thaï, permission accompagnée, cette fois, le refus sera « risque d’évasion non réinsérable » il reste 18 mois à effectuer à ce détenu. La Juge va dire aux animateurs sportif et au chef de détention qu’elle avait encore refusé en raison du test ADN refusé, elle ne dira pas la véritable raison qui ne laisse au détenu aucun espoir pour l’avenir car là par sa réponse elle lui coupe tout espoir de libération alors que ce détenu a une conduite impeccable, suit des cours par correspondance, suit un stage comptabilité, fait du sport et devient un modèle pour les autres détenus. Il est vrai il est... maghrébins.

Elle allonge les peines des détenus sans attendre les décisions des juridictions supérieures voir l’arrêt BENSEMIANE Ouaïb du 13 mars 2002 n° 287. Président Monsieur CATENOIX Ministère Public Monsieur BENEY. Dossier n°02/00044, relaxant ce détenu après condamnation par votre juridiction. Arrêt à votre disposition. Ce détenu a effectué 9 mois de prison supplémentaire alors qu’il a été relaxé.

La JAP fait du chantage en accordant permission et remises de peine que si le détenu paie plus des 10% fixé par le code de procédure pénale au parties civiles, alors que les détenus sont de véritables esclaves dans des ateliers dirigés par un Chef de Service, aux idées d’extrême droite et racistes, provocateur.
Cette JAP a refusé une permission a un détenu parce que son lieu d’hébergement était criminogène. Ce détenu habitait la région parisienne. A part Neuilly et le XVI ème arrondissement, quelle partie de la région parisienne n’est pas criminogène ?

Elle a refusé des remises de peine à des détenus parce qu’ils avaient de mauvaises fréquentations en détention. Mais en prison il n’y a que des délinquants et des criminelles.

Cette JAP se permet de faire des commentaires peu élogieux sur les décisions des tribunaux des détenus qu’elle s’occupe, elle trouve anormal qu’une Cour d’Assises n’ait par exemple pas condamné un détenu à payer des parties civiles, elle rejuge les détenus trouvant qu’ils n’ont pas pris assez alors refuse permissions et conditionnelles ou remises de peine supplémentaires.

Deux détenus arrivé en même temps, du même quartier sur la région parisienne, le même crime. L’un est maghrébin, l’autre français de souche, le Français va toucher la totalité de ses remises de peine, le maghrébins ne touchera que la moitié, on lui dira qu’il a refusé de travailler alors que jamais on ne l’a appelé au travail malgré qu’il se trouvait sur une liste d’attente. De plus le travail n’est pas obligatoire.

Une dizaine de détenus se réunissent dans une salle d’activité vide. Ce sont des musulmans, ils font la prière pour la fête de l’Aïd, le directeur de l’époque qui se vantait d’être fondateur du FN-Pénitentiaire, leur fait mettre un rapport disciplinaire. Le rôle de la JAP est de dénoncer ce type d’agissements raciste. La JAP, alors que c’est son travail de constater une atteinte à la liberté religieuse, leur fera retirer 10 jours de remise de peine pour avoir prié.

Par son comportement, elle crée de futur recrues pour Ben Landen, elle pousse les jeunes des cités par son attitude dans l’islamisme fondamentalisme par la haine qu’elle provoque. Voilà la réalité de Val-de-Reuil et de cette JAP.

Jamais elle ne vient demander comme le prévoit le code de procédure des problèmes que peuvent rencontrer en détention les détenus, elle s’en fiche. Elle ne fait que des promesses et des promesses.

En détention, des conflits qui se régleraient en temps normal par des coups de gueule se règlent à coups de couteau tellement cette juge crée un climat de tension en détention. A chacune de ses venues où il lui faut des gardes du corps tenaillée par la peur qu’elle a des détenus par la haine qu’elle attise, elle met les détenus dans un tel état d’énervement de haine, qu’une fois en détention, les types deviennent enragés et le personnel même a peur des tensions créées par cette juge. Le Chef de Détention avec son adjoint, tentent de calmer le jeu, mais tous les surveillants et eux aussi ne cachent pas que cette JAP crée un grand climat d’insécurité. Ils sont dégouttes alors qu’ils voudraient faire de ce CD un modèle d’insertion des jeunes détenus. Le nouveau directeur qui vient de Toul, a tenté de faire des sorties sportives, mais il se heurte à cette JAP, alors il abandonne par dépit alors que ce brave homme a fait à tout un travail extraordinaire.

Dénoncé d’ailleurs auprès de sénateurs et députés sans qu’un seul ne bouge comme d’habitude.

Elle ne respecte pas le code de procédure pénale, mais en applique un à sa façon, elle manipule les détenus.

Il est quand même étonnant que les détenus pour mœurs sortent plus vite que les détenus pour banditisme, et surtout s’ils ne sont pas maghrébins ou d’origine d’Afrique noire. En plus, si les détenus sont riches, alors là leurs chances sont multipliées par 100. Dernièrement un pédophile a été libéré à mi-peine, eu ses permission au tiers de peine et obtenu parloir avec son amant rencontré à Val-de-Reuil, tant mieux pour lui, mais les autres détenus n’ont pas cette chance. En fait on se demande si à VAL-de-REUIL l’argent permet de sortir plus vite car les détenus pauvres n’ont aucun espoir de permission, de remises de peine supplémentaires et libération conditionnelle. Rien qu’à Noël la moyenne nationale des permission fut de 23%, à VAL-de-REUIL 1,8%. On fait passer VAL-de-REUIL dans la région pour une prison modèle un petit paradis pour détenus par que nous sommes dans le fief de DEBRE, mais c’est la CD le plus répressif de France, surnommé dans les prisons le CD d’allongement des peines. Il est aussi étonnant que seuls les détenus ayant de l’argent obtiennent des permissions et des libérations conditionnelles. Le bruit court en détention que l’on peut sortir si l’on arrose.

Ce qui crée encore un climat et une tension entre les détenus aisés et les pauvres.

Notre codétenu Guy LAUMONT qui passe donc le 18 mars, va profiter de ce procès pour faire une tribune et dénoncer ce qu’est VAL-de-REUIL à cause de cette JAP. Longtemps elle a fait croire que la détention était pourrie par ta faute de la direction, alors qu’en fait maintenant, grâce à ce camarade militant on a tous réalisé que c’était cette JAP qui avait provoqué se climat d’insécurité, cette tension en détention, alors qu’effectivement, les conditions de détention de VAL-de-REUIL ne sont pas désagréables si les détenus avaient l’espoir de s’en sortir. La direction essaie de faire le social que ne fait pas le service de cette Juge, ancienne procureur de la République. Le Chef de Détention, un ancien de Fresnes passe son temps à faire le tampon entre cette juge et ses décisions iniques pour éviter le pire, aider d’une jeune S/Directrice et d’un nouveau Chef d’Unité. Longtemps, nous avons cru que le climat délétère de cette prison venait de la direction, en fait notre compagnon nous a fait comprendre que ça venait de l’attitude fallacieuse de cette Juge. (il a évité des émeutes en expliquant bien la situation aux détenus en allant jusqu’au procès. Notre camarade, sera soutenu par les militants de la fédération anarchiste de Rouen, Radio-Libertaire, Radio-Beur, Radio-Fréquence-Paris-Plurielle, le groupe MIALET.

Nous détenus de VAL-de-REUIL comptons pour une fois sur votre présence et votre compte rendu afin que les choses finissent par changer. Comme vous pouvez le constater par ce courrier, nous ne critiquons pas la détention car nous savons que la direction est aussi dans la merde que les détenus avec le comportement dangereux de cette JAP. Nous vous demandons de rendre compte de ce procès afin d’appuyer notre revendication : « que cette Juge change et que la direction puisse enfin faire son travail » .

Nous vous répétons que sur les sites Internet du journal « L’ENVOLEE », du groupe MIALET, vous aurez des informations sur les raisons de ce procès. Vous pouvez, si vous désirez d’autres renseignements, contacter l’avocate de notre camarade Maître Aude LEQUERRE-DERBISE avocate 01.46.70.29.67 ou 06.12.54.38.86.

Nous vous informons que cette lettre sort clandestinement. Notre Fraternelle des Détenus de Val-de-Reuil a été critiquée par le JDD parce que nous dénoncions ce qu’il se passe à Val-de-Reuil. Mais cette "Fraternelle", comme le laisse supposer son nom, est composée de compagnons un peu initiés en maçonnerie par ce codétenu. Durant sa détention, ce compagnon a perdu son épouse qui s’est pendue en prison alors qu’elle fut incarcérée sans avoir commis aucun délit.

Toutes ses années de détentions, il les a consacrées à aider ses codétenus dans les luttes, a donné des cours d’informatique, aidé financièrement des détenus dans le besoin, il est ami avec l’aumônier de la 2 ème DB le père Maurice CORDIER, avec le procureur général près la cour de Cassation François-Victor COLCOMBET ancien député. En relation avec le sénateur Louis MERMAZ. Ce n’est pas un saint, mais il avait tout pour se réinsérer, ses amis politiques de droite comme de gauche l’apprécient. Il a toujours aidé les détenus à faire la différence entre les surveillants sans les mettre dans le même sac, il est d’ailleurs apprécié par beaucoup d’entre eux par son charisme. Libéré, il va tenté de consacré le restant de son existence à aider ses compagnons. Il a travaillé un temps comme pigiste dans des journaux lyonnais et parisiens. Ce n’est donc pas un inculte abruti. Licencié en droit, deux ans de psychologie et deux ans de sociologie. Vieil anar.

Nous nous répétons, mais comptons sur votre présence afin de rendre compte de ce qu’il se passe à VAL-de-REUIL
Nous vous remercions par avance et espérons que vous ne resterez pas indifférent, car son procès n’est pas pour lui, mais pour les autres.

Pour la Fraternelle des Détenus de VAL-de-REUIL
et du Collectif en lutte de VAL-de-REUIL.
RINGOLEVIO
CD « Les Vignettes »
27 107 Val de Reuil