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Date : 9-07-2012

Répression au Centre de Détention de Roanne

Mise en ligne : 9 July 2012

Dernière modification : 18 July 2012

Le 4 juillet au CD de Roanne, quatre détenus refusent de remonter de promenade et expriment des revendications. Avant même d’entamer un dialogue, l’administration leur envoie des super matons super armés super casqués pour les faire taire. D’autres détenus, témoins, ont filmé la scène (clandestinement, bien sûr !) et l’ont rendue publique, accompagnée de leur témoignage. Ils souhaitent que cela circule largement, le collectif Papillon le relaie ici. Ils ont besoin de notre solidarité active et sous toute les formes ! Cet évènement s’inscrit dans un contexte plus large de protestations, tensions et répressions au CD de Roanne... et ailleurs.

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Texte de l'article :

Bavure pénitentiaire au Centre de détention de Roanne

"Mercredi 4 juillet 2012, quatre détenus ont refusé la remontée de promenade pour protester.
Les revendications portaient sur une modification des horaires de promenade et sur toutes les précédentes revendications publiées le 25 avril 2012 par les détenus de Roanne.

A 18h45, les quatre détenus refusent de remonter en cellule et demandent à être entendu dans un esprit pacifique. Boyer (le directeur du CD) préfère lâcher ses chiens, environ dix surveillants équipés de casques, boucliers. La procédure d’intervention de l’Administration Pénitentiaire n’est pas respectée et l’action menée à la cow-boy mais sans lasso (voir vidéo).

L’intervention a d’abord porté sur deux détenus âgés d’une vingtaine d’années malgré qu’un des détenus ait ostensiblement levé les mains en l’air.

Dans la foulée, un groupe de surveillants a chargé boucliers en avant deux détenus. Ceux-ci ripostent pour repousser l’assaut. L’un d’eux se fait ceinturer immédiatement, les autres détenus s’éparpillent dans cette cour sans issue. Les surveillants se sentent dépassés, ce qui a décuplé leur agressivité. La chasse à l’homme est alors ouverte. Placage à la rugbyman, balayette à la Bruce Lee, les surveillants ont fait l’étalage de leur supériorité physique et numérique. Jusqu’à l’ultime action, l’agression d’un prisonnier âgé dont le seul tort était d’être en promenade.

Boyer récidive donc dans la manière de gérer les revendications des détenus. Déjà à Corbas, en 2010 deux surveillants avaient été condamnés pour des faits de violence envers des détenus (datant de 2009). Ce directeur exprime sa toute puissance dans son centre de détention déclenchant l’assaut sans négociation et avant même l’horaire de fermeture des cellules, ce qui est vécu comme une provocation par les détenus de Roanne. Certains ont jeté des projectiles type bouteilles d’eau, savon, javel en solidarité avec les quatre victimes de cette nouvelle bavure de Boyer.

Les quatre détenus ont été jetés manu militari au mitard et nous sommes depuis sans nouvelles.

Nous, détenus de Roanne, attestons avec une vidéo à l’appui de la non-violence de ces revendications légitimes et réclamées par l’ensemble des détenus et de la violence extrême de l’administration pénitentiaire sur ces quatre détenus. Nous témoignons de l’acharnement des surveillants sur le plus âgé des quatre. Nous sommes solidaires de nos compagnons et témoignons avec une vidéo et ce texte.
Les détenus de Roanne."

Au CD de Roanne, depuis des mois : Protestations, révoltes, et répression

Récapitulatif de diverses situations et évènements dont nous avons eu connaissance.

  • Depuis novembre 2011, G. Ashkaroglu, détenu à Roanne, subit la répression et l’isolement depuis qu’il a été à l’intiative de pétitions pour dénoncer le fonctionnement des parloirs, des fouilles, des ateliers... Il raconte aussi comment des surveillants qui ont un détenu dans le collimateur peuvent lui mettre la misère... (Voir ici et ).
  • Fin avril, des détenus font sortir et rendent publique une lettre de revendications. Elle est anonyme (pour éviter la répression), mais c’est une lettre ouverte à l’administration pénitentiaire, qui reste sourde et muette. (Lire ici)

Ces évènements surviennent dans un contexte où d’autres mouvements de protestation ont lieu dans d’autres prisons, et ou quelques actions de solidarité (bien trop timides !) ont lieu depuis l’extérieur. (lire ici)

  • Dimanche 6 mai, un rassemblement pour exprimer la solidarité avec ces revendications a lieu aux abords de la prison. (lire ici)
  • Le même week-end avait apparemment été tendu à l’intérieur du centre de détention, avec plusieurs altercations entre détenus et surveillants, et une tentative de suicide, selon les syndicats de surveillants qui ont aisément la parole dans la presse locale quand il s’agit de faire passer les détenus pour des fauves et les surveillants pour des victimes.

Mi-juin, l’un des détenus accusés de violence lors de ce week-end mouvementé passe en procès... Un compte-rendu relate le procès et révèle les comment la justice et la pénitentiaire s’allient amicalement pour réprimer sévèrement les détenus récalcitrants (lire ici)

… et donc, le 4 juillet 2012, quatre détenus refusent de remonter de promenade, expriment des revendications et, avant tout dialogue, sont sévèrement réprimés... D’autres détenus filment, expriment leur solidarité et rendent publique la vidéo.

Ces détenus ont pris de gros risques.
Relayons leur parole, partout !
Soutenons les !

Tout compléments et témoignages sont les bienvenus, notamment au sujet des 4 qui ont refusé de remonter de promenade. Ils ont été placés au mitard et risquent de subir une répression féroce.


Solidarité avec les prisonniers révoltés !

Pour contacter l’émission de radio et le collectif papillon : emission papillon (at) riseup.net

Papillon chez CSA La gueule noire 16 rue du Mont 42100 st-étienne

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