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Proposition et analyse

Mise en ligne : 7 May 2012

Dernière modification : 8 May 2012

Texte de l'article :

NOTRE ANALYSE ET NOS PROPOSITIONS

« La plupart des personnes qui se suicident en prison étaient inconnues des services psychiatriques. Parce que la principale cause de suicides, ce sont les conditions de détention. Quand vous enfermez les gens dans des grottes, quand vous les privez de lumière, quand les lettres au directeur ou aux services sociaux n’arrivent pas ou n’ont pas de réponse, quand vous réservez à une poignée d’élus les dispositifs de réinsertion, quand les gens ont peur d’aller en promenade, qu’attendre d’autre ? »
Betty Brahmy, psychiatre et collaboratrice du contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue.

Il y a une question importante qu’il faut avant tout oser se poser, le suicide en prison est-il un suicide au sens commun du terme ? N’est-ce pas plutôt d’abord une mort institutionnalisée de par le résultat du fonctionnement d’une administration asphyxiée, paralysée par un manque d’effectif humain et de moyens économiques ? La mort en prison n’est-elle pas une des résultantes des projections inconscientes mais concrètes de notre société donc par la même aussi de l’ensemble des acteurs de la pénitentiaire, qui condamnent la majorité des personnes emprisonnées à un NON FUTUR ? La dureté, les conditions infectes qui règnent dans la majorité des prisons, poussent bien évidemment plus vite, les plus fragiles d’entre les personnes incarcérées à mettre un point final à leur vie. Mais attention notre expérience nous amène à dresser aussi un portrait négatif de ces lieux nouveaux qui sont, tout comme les anciens, le théâtre de l’absurdité d’une administration encore trop cloisonnée et fermée sur elle-même, avec des mécanismes archaïques favorisant l’injustice et des réflexes autoritaires et punitifs dans le moindre de ses rapports à l’humain, et c’est cela qui est un des problèmes de fond.