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Droit de réponse à l’article paru dans le J.D.D du 1er septembre 2002 signé Stéphane Joahny.

Mise en ligne : 11 September 2002

Texte de l'article :

Cher confrère,

Notre surprise de lire dans votre journal un article diffamatoire nous amène à exiger un droit de réponse afin de rétablir, à défaut de vérité, quelques réalités. Nous sommes étonnés que Monsieur Joahny n’aie pas cru bon de nous contacter afin d’avoir, outre un autre son de cloche, au moins quelques vérifications. Nous lisons déjà dans le titre « Les enfants d’Action Directe s’attaquent aux prisons » que nous serions des futurs terroristes. Accusations graves et préparatoires d’une chasse aux sorcières. La préparation de l’anniversaire du 11 septembre semble préparer l’opinion publique à un immense gâteau dont nous serions un petit peu la cerise.

Nous lisons dans votre article que l’Administration pénitentiaire censure L’Envolée, journal que nous envoyons à nos abonnés qui ont tous payé leur abonnement. Voilà donc une administration qui censure un journal légal qui n’est pas interdit à l’extérieur et qui bénéficie de l’article D.444 du C.P.P. [1]. Le J.D.D.. [2] aurait peut-être dû s’inquiéter, ne serait-ce qu’au niveau de la liberté d’expression, de cette censure illégale.

Quant à ce que nous sommes, L’Envolée journal et radio, ont été créés par des anciens détenus dont la majorité, 5 ou 6, s’est retrouvée incarcérée pour des délits de droit commun et dont la conscience politique est libre de tout embrigadement. Nous désigner comme les enfants du groupe Action Directe demanderait des tests génétiques puisque notre ADN ne correspond en rien à celui des prisonniers politiques du groupe Action Directe. Et ce sans se désolidariser ni de leur lutte ni de leurs conditions de détention.

Nous ne demandons aucunement à nos correspondants incarcérés de joindre à leur courrier un C.V. [3] ou un C.J. [4] , encore moins lorsque, prévenus, ils sont considérés comme présumés innocents. Entre un dit trafiquant de banlieue et un militant islamique, entre un hold-upeur et un V.I.P., nous ne faisons pas de différence. Nous parlons de l’être humain enfermé et si nous donnons la parole aux prisonniers et prisonnières c’est aussi que nous en avons plus qu’assez des spécialistes d’Etat ou des associations subventionnées qui prennent la parole pour se faire les ventriloques des minorités.

Il semblerait que les murs aient des oreilles ? Nous ne voyons pas pourquoi nous ne leur offririons pas une bouche et une langue ainsi que… des dents ! Evidemment pour mordre lorsqu’il le faut. Que le J.D.D. cautionne, contre un confrère, la paranoïa policière et pénitentiaire nous apparaît comme une complicité directe digne de l’autoritarisme. N’oubliez pas que la presse libre a toujours été attaquée afin de la museler, l’interdire, la marginaliser.

Quant au descriptif de notre pseudo lieu de travail, il ne s’agit aucunement d’un squat autonome de Montreuil, mais d’un lieu loué dont les quittances de loyer existent bel et bien, et où nous disposons d’une boîte aux lettres. Chaque animateur de l’émission L’Envolée prépare indépendamment à son domicile le compte-rendu du courrier reçu. De nous dénigrer par des extraits choisis et tirés de leur contexte nous amène à cette exigence d’un droit de réponse. Nous pouvons démontrer ce que nous dénonçons mais peut-être que le J.D.D. aura l’élégance de nous donner la parole directement dans une interview avec Monsieur Joahny.

L’Envolée est lue dans les prisons ? Tant mieux car de nos jours le silence tue toujours plus… Nous préférons penser que vous ne vous ferez pas les complices de ce silence.

Pour L’Envolée
Le directeur de la publication
Mme Le Dû.

[Lire l’article du J.D.D.]
[Edito des Chroniques de Madame Chang]
[Site de L’Envolée]

Notes:

[1] C.P.P. - Code de Procédure Pénale

[2] J.D.D. - Journal Du Dimanche

[3] C.V. – Curriculum Vitae

[4] C.J. – Casier Judiciaire