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Ministère de la Justice

« Paris » s’invite à la maison d’arrêt d’Angoulême

Jeudi 28 août, le festival du Film Francophone d’Angoulême a franchi pour quelques heures les portes de la maison d’arrêt d’Angoulême.

Mise en ligne : 3 September 2008

Dernière modification : 8 September 2008

Source : http://www.justice.gouv.fr/index.ph...

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Texte de l'article :

« Le cinéma et la culture n’aiment pas les murs et les frontières ». C’est en ces termes que Cédric Klapisch, réalisateur, a introduit avec Sylviane Schneider, Chef d’Etablissement la projection de son film « Paris » à la maison d’arrêt d’Angoulême.

Les fenêtres ont été calfeutrées, les lumières s’éteignent, il est 9h05, la séance peut débuter pour les 15 détenus présents. Durant 2H10 ils se sont laissés transporter vers la capitale et l’univers de Klapisch. De l’émotion, de l’évasion et des destins croisés.

Le générique de fin se lance alors sous les applaudissements et laisse place à un échange avec le réalisateur. Un premier détenu se lance, « j’étais à fond dedans, grâce à vous on se sent vivant », « ça fait du bien ».

Puis les questions arrivent peu à peu sur le « but du film », « les scènes difficiles avec l’accident de moto », mais aussi sur Klapisch, ses films. Chacun montre ici, qu’il a pu s’identifier l’espace d’un instant à l’un des personnages.

« L’important dans un film, ce n’est pas seulement ce que j’ai voulu passer comme message, mais aussi voir ce que chacun ressent, car chaque personne perçoit des choses différentes » précise le réalisateur pour qui « Paris » est avant tout un film sur la diversité des gens. « J’aime montrer que chacun a sa vie et que personne ne peut dire qui a des problèmes plus important que les autres » poursuit-il.

L’un des détenus reconnaît ensuite, l’homme qui est à l’origine de cette expérience si particulière, Dominique Besnehard (qu’il a vu dans « un indien dans la ville »). Sous forme de conclusion un détenu ajoute en quittant la salle « on en parlera aux autres ».

Il est maintenant 11h30, la matinée se termine, le 1er festival du film francophone d’Angoulême et Dominique Besnehard ont réussi leur pari de faire entrer la culture et le cinéma dans la prison. « Le cinéma et la prison existe au delà du festival, nous souhaitons donc avec Sylviane Schneider proposer 3 à 4 fois par an des séances cinéma aux détenus. Pour cela Le Maire d’Angoulême propose de mettre un grand écran à disposition de la maison d’arrêt ».

Une expérience riche qui a permis à la prison de rencontrer le cinéma et au cinéma de s’ouvrir autrement à la prison.