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(2008) Krattinger Yves sénateur : Revalorisation du statut des personnels des services d’insertion et de probation de l’administration pénitentiaire

Première publication : 10 September 2008

Dernière modification : 27 September 2008

Texte de l'article :

13 ème législature 
Question écrite n° 04905 de M. Yves Krattinger (Haute-Saône - SOC)
publiée dans le JO Sénat du 26/06/2008 - page 1265

 
M. Yves Krattinger appelle l’attention de Mme la garde des sceaux, ministre de la justice sur la réforme du statut des personnels des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation (SPIP) de l’administration pénitentiaire.

Actuellement, 3000 conseillers d’insertion et de probation et assistants sociaux exercent dans ces services et contribuent quotidiennement, par le suivi des personnes condamnées et par l’aide à la prise de décision des juges de l’application des peines, à la réinsertion des personnes placées sous main de justice et à la prévention de la récidive.

Suite aux ajustements prévus par les lois n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, n° 2005-1549 du 13 décembre 2005 et n° 2007-1198 du 10 août 2007 relatives à la prévention de la récidive, les services de l’administration pénitentiaire ont dû renforcer les rôles des personnels d’insertion, compte tenu de l’individualisation des peines et de l’aménagement des courtes peines de prison.

Tandis que les missions de ces personnels ont été considérablement élargies, leurs conditions de travail sont devenues de plus en plus difficiles. En effet, alors que le nombre de détenus atteint le chiffre record de 63 838 personnes, les conseillers d’insertion et de probation voient leurs responsabilités et leur charge de travail se complexifier sans pour autant bénéficier d’une revalorisation de leur statut, qui n’a observé aucune modification depuis 1977.

ll lui demande, par conséquent, de lui faire savoir si elle tiendra compte, dans le projet de loi pénitentiaire qui doit être soumis prochainement au Parlement, des revendications légitimes de ces personnels qui attendent beaucoup de la réforme annoncée.

Réponse du Ministère de la Justice
publiée dans le JO Sénat du 25/09/2008 - page 1952
 
La garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l’honorable parlementaire l’attention qu’elle porte à la situation et aux revendications des personnels d’insertion et de probation de la direction de l’administration pénitencière. En effet, une partie des ces personnels a exprimé son mécontentement depuis le début du mois de mai au sujet d’un projet d’évolution statuaire dans le cadre de la réforme de la fonction publique initiée par le Gouvernement le 1er octobre 2007. La direction de l’administration pénintentiaire, consciente de l’évolution des missions confiées à la filière d’insertion et de probation au cours des dix dernières années, a procédé à d’importants recrutements qui se sont traduits par un doublement des effectifs de la filière, compte tenu des personnels administratifs qui participent également activement aux missions dévolues dans les SPIP. C’est ainsi que 1 771 agents étaient comptabilisés en 1998 pour 3 491 au 1er janvier 2008. Les années 2006 et 2007 ont vu l’arrivée dans les services de près de 500 nouveaux agents. Les grandes orientations de ce projet de réforme présentées et discutées au cours de cinq réunions avec les organisations professionnelles portaient sur les avancées suivantes : le recours aux statuts types de la fonction publique afin de favoriser les mobilités interfilières ; la restructuration globale de la filière et simplification autour d’une articulation en deux corps et un statut d’emploi ; la suppression des zones de chevauchement de compétences ; l’accès au grade supérieur par une meilleure reconnaissance des acquis professionnels ; la construction de la filière dans une logique de progression des parcours professionels ; le régime indemnitaire harmonisé et modernisé en application de la réforme de l’État. Ces orientations ont été rejetées par les représentants des personnels. Dans ce contexte, la garde des sceaux a demandé à Mme Charlotte Trabut, inspecteur des services judiciaires, de conduire une mission d’expertise et de propositions. À la lumière des entretiens réalisés dans le cadre de cette mission, il a été décidé qu’il n’y aurait pas de modulation de la nouvelle prime prévue pour les conseillers d’insertion et de probation, que la durée de la formation de ces personnels ferait l’objet d’un nouvel examen et que la fonction d’encadrement, quel que soit son niveau opérationnel, serait de la seule responsabilité du futur corps d’encadrement. De plus, de la même manière que le directeur de l’administration pénitentiaire a pris l’engagement de ne pas moduler l’indemnité forfaitaire d’insertion et de probation sans accord des organisations syndicales, il n’y aura pas de modulation de la future indemnité de fonctions et d’objectifs. Madame Trabut conduit sa mission en collaboration étroite avec les autorités judiciaires et dans le cadre d’un dialogue étroit avec les organisations syndicales. Par ailleurs, les conseillers d’insertion et de probation s’interrogeant sur l’évolution de leur métier à la faveur notamment des lois pénales votées ces dernières années et d’une demande accrue de prévention de la récidive, la garde des sceaux, ministre de la justice a demandé qu’un audit soit réalisé en identifiant les principaux enjeux d’évolution. Cette mission a été confiée à Mme Isabelle Gorce, magistrat, conseiller référendaire à la Cour de cassation. Il faut ajouter qu’à la suite des discussions conduites par la direction de l’administration pénitentiaire avec les partenaires syndicaux le 17 et 24 juin 2008 un protocole de travail a été signé avec les trois organisations syndicales représentatives (SNEPAP, CFDT, CGT) portant sur cinq thèmes : améliorer concrètement le fonctionnement des services ; conduire une réflexion sur les perspectives métier avec les conséquences statutaires et indemnitaires ; adapter la formation professionnelle ; repenser l’organisation et le management des services ; accompagner la mise en oeuvre de la loi pénitentiaire. Une politique de communication sera mise en oeuvre pour garantir une bonne compréhension de ces différents axes de travail et de la méthode choisie par l’administration. C’est donc un chantier de grande ampleur qui s’ouvre dès à présent et qui devrait s’étaler sur plusieurs mois.