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KAMO Société Caraïbéenne de Psychiatrie et de Psychologie Légales

2008 N°5 KAMO : Les infractions à caractère sexuel - Enjeu de santé publique

Mise en ligne : 22 August 2008

Texte de l'article :

LES INFRACTIONS A CARACTERE SEXUEL
ENJEU DE SANTE PUBLIQUE

Mission nationale d’appui en santé mentale
Quels rôles et quelles fonctions pour le psychiatre et la psychiatrie ?
Pluriels, n°69-70-71

La Mission Nationale d’Appui en Santé Mentale consacre son numéro de janvier-mars 2008 aux infractions à caractère sexuel et au rôle de la psychiatrie dans ce domaine particulier.
Ce numéro, très intéressant, vivant et pratique, est construit autour d’un questionnaire qui a été soumis à des professionnels, psychiatres et psychologues, reconnus pour leur compétence et leur engagement sur ce sujet.

Le questionnaire comporte quatre questions :
1. Etude des infractions à caractère sexuel
2. En quoi la psychiatrie est-elle concernée ?
3. En matière de traitements et d’interventions, qu’est-ce qui est établi ?
4. Comment la psychiatrie peut-elle répondre à ces demandes nouvelles

Les professionnels interrogés sont :
1. Sophie Baron-Laforêt, psychiatre, vice-présidente de l’Association pour la Recherche et le Traitement des Auteurs d’Agression Sexuelle (ARTAAS), que les antillais ont pu connaître à l’occasion de son animation de la semaine de formation ARTAAS et de son intervention au colloque sur les violences sexuelles organisé par Socapsyleg en décembre 2006.
2. André Ciavaldini, psychologue clinicien-psychanalyste, vice-président de l’ARTAAS
3. Bernard Cordier, psychiatre, connu notamment pour son expérience en matière de traitements antiandrogènes
4. Gérard Dubret, psychiatre, aux publications nombreuses sur ce thème
5. Catherine Paulet, psychiatre, présidente de l’Association des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire
6. Jean-Louis Senon, professeur de psychiatrie, responsable du collège de Recherche et d’Information en Criminologie
7. Loick M. Villerbu, psychologue et criminologue

Le lecteur peut découvrir leur analyse du phénomène en téléchargeant la lettre sur le site de la
MNASM : www.mnasm.com.
Je relève quelques remarques de la conclusion synthétique de René Lepoutre, rédacteur en chef de Pluriels.
D’emblée, notons que la conclusion s’ouvre sur le constat « d’un remarquable consensus », constat encourageant car il n’est pas fréquent que la mise en commun de réflexions de psychiatres et de psychologues aboutisse à un consensus... En effet, les professionnels interrogés s’accordent tous pour délimiter une frontière entre ce qui est de leur registre professionnel et ce qui ne l’est pas. Dans tous les cas, il existe une volonté d’aller de l’avant et de ne pas baisser les bras devant ces complexes situations. Toutefois, l’état des lieux fait par ces professionnels est plutôt sombre : « L’épidémiologie fait défaut. La recherche clinique fait défaut.
La formation fait défaut. L’engagement en nombre de psychiatres et de psychologues fait défaut. Les dispositifs agrégeant les divers protagonistes du soin et du souci font défaut. Tous ils se trouvent en situation de bricolage... Ils se refusent à être au service aveugle de pouvoirs qu’ils soient ».
Et les derniers mots de sa conclusion ne pourront qu’enchanter ceux qui n’ont pas oublié les engagements de nos anciens et que l’on croit parfois avoir disparus dans la psychiatrie contemporaine : « Ils (les professionnels concernés) marquent le souci constant d »une « éthique clinique » que les psychiatres de la libération avaient conçu et qui fait, exigence toujours présente, qu’ils puissent continuer à croire à la psychiatrie - et nous avec eux ».

MD