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> Edito

Le Die-in du 2 juillet

Mise en ligne : 14 June 2008

Texte de l'article :

Après un moratoire de 4 ans, la Cour Suprême des Etats-Unis réinstaure la peine de mort, le 2 juillet 1976. A la suite de cette décision, des abolitionnistes américains prennent l’initiative d’une manifestation non-violente, nommée "die-in", tous les 2 juillet, au cours de laquelle des personnes s’allongent ensemble dans un lieu public. Des militants dans différents pays sont solidaires de cette manifestation. A Paris, cette manifestation a lieu place de la Concorde.

 Environ 90 pays sur 196 ont déjà aboli totalement ou partiellement la peine de mort. Sur la centaine restante, 35 pays n’ont procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans. Alors que dans les pays abolitionnistes aucune hausse de la criminalité n’a pu être observée, alors que le rythme de l’abolition n’a pas faibli ces dernières années, certaines régions du monde semblent particulièrement réfractaires à s’engager sur la voie de l’abolition : la Chine et les pays asiatiques dans leur grande majorité, le monde arabo-musulman, et les Etats-Unis. Qu’il s’agisse des pays à régime totalitaire, des pays où s’applique un droit religieux particulièrement strict ou des pays qui font de la lutte contre le terrorisme une nécessité inconditionnelle, il existe pourtant des voies pour parvenir à l’abolition et, parmi elles, le moratoire.
Quand un Etat ôte la vie à quelqu’un, au nom d’un intérêt supérieur, il commet simplement une barbarie. Le droit à l’intégrité physique ne peut souffrir aucune exception. Quels que soient les actes commis, ceux-ci ne peuvent être sanctionnés par une peine illégitime au regard des principes qui fondent la société des droits de l’Homme.

 Ban Public soutient la manifestation du "die-in" du 2 juillet et réaffirme son opposition catégorique à la peine capitale, en toutes circonstances, ainsi qu’à la peine perpétuelle. Cette dernière postule la mort sociale d’un individu en le condamnant à une mort lente. Toute forme de peine ou traitement qui porte atteinte à l’intégrité physique et psychique ou à la dignité de la personne doit être prohibée. Le respect des droits de l’Homme est un principe inaliénable.

 

La rédaction
Ban Public
Juin 2008