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KAMO Société Caraïbéenne de Psychiatrie et de Psychologie Légales

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Taille : 254.9 kb

Date : 6-04-2008

2007 N°7 KAMO : Sommaire

Mise en ligne : 13 April 2008

Texte de l'article :

Kamo de Socapsyleg n°7-2007 - Août 2007
Sommaire

Editorial
Projet de loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs
Position du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux sur l’injonction de Soins
Commission d’Analyse et de Suivi de la Récidive et l’injonction de soins
Projet de loi instituant un Contrôleur général des lieux privatifs de liberté
Le psychiatre et les attestations de suivi
Irresponsabilité pénale des malades mentaux
La psychiatrie pour les agitateurs
Fonctions psychosexuelles et incarcération
De la dangerosité, de celle des cyclones à celle des humains
Le SMPR de Baie-Mahault et le partage des dossiers médicaux : réaction
Notes de lectures et documentation
Agenda
Sites internet
Equipe rédactionnelle

Editorial
Spécial loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs
A propos de l’injonction de soins

Ce numéro de Kamo de rentrée est consacré de manière détaillée à l’analyse de la loi renforçant la lutte contre la récidive. Il faut reconnaître que l’actualité de ces dernières semaines aura été riche dans le domaine de la psychiatrie légale et tout particulièrement la folle semaine du 20 au 25 août 2007.
Entre l’annonce d’une unité d’hospitalisation pour délinquants sexuels, le partage des dossiers médicaux et pénitentiaires, la réforme de la procédure liée à l’irresponsabilité pénale pour trouble mental, il faut un solide entraînement pour suivre le rythme.
Qu’à ne cela tienne, nous sommes plus que quelques uns à ne pas avoir l’intention de nous laisser distancer, malgré le handicap que d’obscurs professionnels peuvent avoir quant à l’accessibilité au pouvoir médiatique. Les associations spécialisées ont réagi aux annonces diverses : l’Association des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitentiaire (ASPMP) et l’Association de Recherche et de Traitement des Auteurs d’Agression Sexuelles (ARTAAS).
Malheureusement, la voix des professionnels impliqués dans des prises en charge difficiles perce difficilement au milieu d’une présumée clameur publique demandant vengeance, mais savamment mise en scène par les médias et amplifiée par le pouvoir politique. Lors d’une information télévisée récente, la présentatrice à propos de la dernière affaire d’infanticides l’annonçait de la manière suivante : « Ses affaires sont très médiatisées CAR elles choquent l’opinion publique », le car souligné par moi veut tout dire...
Les décisions politiques paraissent biaisées de plus en plus le sens du soin en milieu pénitentiaire.
Elles jouent sur l’émotionnel, s’apparentent à des passages à l’acte permanents qui tendent à assigner à la psychiatrie un rôle majeur de contrôle social et rendent illusoires les efforts déployés pour uvrer d’une manière constructive et professionnelle aux soins aux personnes sous mains de justice.
Le psychiatre n’a pas pour fonction d’être l’exécuteur de décisions politiques démagogiques, populistes et déconnectées de la réalité. Si la confidentialité des informations médicales n’était plus assurée, il est probable que de nombreux professionnels de la santé n’accepteraient plus d’exercer en milieu pénitentiaire. L’intensité des réactions aux annonces diverses qui se sont exprimées par un échange de mails nourris entre professionnels est révélatrice de l’inquiétude que nous ressentons.
En Guadeloupe, nous ne nous contentons plus de déclamer notre insatisfaction mais l’équipe du SMPR a décidé de ne plus participer aux différentes réunions institutionnelles avec l’administration pénitentiaire et cela non en réaction aux pratiques locales mais pour protester contre les intentions gouvernementales (cf. texte de la lettre dans Kamo). Nous pouvons avoir un partenariat constructif en respectant nos fonctions réciproques. Si le gouvernement persiste dans ses intentions de déconstruire le montage actuel, sa responsabilité sera grande dans l’immobilisme qui s’en suivra pour les soins aux détenus et corrélativement dans les espoirs (déjà suffisamment faiblards) de réinsertion réussie et de diminution de la récidive.

Michel DAVID

Equipe rédactionnelle de Kamo* de Socapsyleg
Directeur de la publication
Michel DAVID - Psychiatre des Hôpitaux
Rédacteurs :
Sophia BOUDINE - Franciane CONVERTY - Psychologues
Bruno PARRA - Cadre supérieur de santé, coordonnateur de pôle
*Kamo = nouvelles fraîches, anecdotes, informations
(Dictionnaire créole-français - Maisonneuve et Larose, Servédit, Editions Jasor).