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KAMO Société Caraïbéenne de Psychiatrie et de Psychologie Légales

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Date : 6-04-2008

2007 N°1 KAMO : Sommaire

Mise en ligne : 15 April 2008

Texte de l'article :

Kamo de Socapsyleg n°1-2007 - Janvier-Février 2007
Sommaire

Autour de la notion de voeux et de la sanction pénale
Formation ARTAAS
Colloque Socapsyleg
Audition publique
Expertise psychiatrique pénale
Notes de lectures et documentation
Agenda
Sites internet
Equipe rédactionnelle


Editorial

Il paraît incontournable pour le premier numéro de n’importe quelle revue ou lettre de diffusion de présenter ses v ux aux lecteurs.
Il faut bien convenir que souvent nous les prononçons de manière « obligée », par routine, par politesse. Peut-être est-ce le fait que nous les trouvons dérisoires car nous savons tous bien que nous n’avons guère d’action sur le bonheur, la santé, la gloire, les amours ou toute autre espoir magique pour et sur autrui.
En fait, l’usage courant ne correspond pas aux premières acceptions des dictionnaires qui définissent le v u essentiellement comme une promesse, un engagement fait initialement à une divinité, éventuellement en remerciement d’une promesse exaucée. Il peut également s’agir d’une demande ou d’une requête, comme les émettent certaines instances administratives. Enfin, ce peut-être le souhait que survienne un événement positif en réponse à nos angoisses existentielles.
Les premières définitions me conviennent mieux. Plutôt que de souhaiter à notre prochain un avenir qui ne dépend guère de nous, autant retenir le sens d’engagement et la promesse que recèle le bon mot de v u, qui soit dit en passant à la même origine latine que le mot vote (votum). Socapsyleg espère ainsi pouvoir continuer à tenir l’engagement de vous informer. Nous le ferons probablement sur un rythme bimestriel sauf si vos contributions que nous appelons de nos voeux (les revoilà) permettent de répartir la charge de travail et surtout élargir la participation et diversifier les idées.
Nous n’hésiterons pas non plus à prendre des positions sur des domaines qui concernent l’objet de Socapsyleg. Ainsi fin 2006, les praticiens que nous sommes, intervenant en prison, lieu de la sanction pénale, n’avons-nous pu qu’être très sensibles à une exécution capitale médiatiquement diffusée. Certains candidats à notre future élection présidentielle revendiquent un rétablissement de la peine de mort pour certains crimes que réprouve, de manière bien compréhensible, la sensibilité humaine (les crimes sur enfants par ex.) afin de rétablir, selon eux, une réelle hiérarchie de la sanction pénale. Dans l’horreur, il faudrait répondre par une autre horreur. Jusqu’où devrait-on aller dans l’escalade ? Si un humain doit être exécuté parce qu’il a violé et tué un enfant, que faudrait-il faire à un dictateur qui a éliminé et supplicié des centaines, voire des milliers d’autres êtres humains ? L’exterminer peut-être avec toute sa famille la plus élargie possible (et pourquoi pas selon les modalités qu’il a utilisées pour éliminer ses victimes), ainsi qu’avec tous ses exécutants et ses amis politiques d’autres temps, voire avec la communauté qui le soutient et l’a porté au pouvoir. Il est tout à l’honneur des pays démocratiques, ceux où l’on vote (tient nous revoilà avec le v u) d’avoir la dignité de renoncer à la peine de mort, n’adoptant pas en miroir le comportement qu’on reproche à autrui.
Une autre dignité serait également de ne pas avoir l’hypocrisie de s’offusquer d’éléments de contexte de cette exécution où des insultes proférées auraient rendu l’exécution indigne. La peine de mort est indigne. C’est tout. Et celui qui semble avoir été le plus digne dans cette affaire, face au n ud du pendu, quels que soient les faits graves que l’on puisse lui reprocher et lui imputer (bien que certains d’entre eux et non des moindres ne pourront lui être opposés puisque son exécution entrave toute autre action judiciaire en sa présence), cela aura été bien la personne exécutée.
La sanction pénale et ses modalités reste un sujet de société extrêmement important et sensible, très passionnel. On sait qu’il s’agit d’une des questions posées à l’expert psychiatre dans la mission d’expertise en instruction : « Le sujet est-il accessible à une sanction pénale ? ». On remarquera que dans les questions débattues lors de la prochaine audition publique sur l’expertise psychiatrique pénale, les mots « sanction pénale » ne sont jamais prononcés. Certes, cette notion doit pouvoir être contenue dans des énoncés plus vastes mais il faut espérer que ce point sera étudié car l’importance des malades mentaux inadaptés aux conditions carcérales pose la question de leur accessibilité à la sanction pénale.
En fin de compte, vous comprendrez que j’ai finalement beaucoup de v ux pour cette nouvelle année ou « Votum » sera bien d’actualité en France.

Michel DAVID

Directeur de la publication : Michel DAVID
Psychiatre des Hôpitaux - Chef de service
Président de la Société Caraïbéenne de Psychiatrie et de Psychologie Légales
*Kamo = nouvelles fraîches, anecdotes, informations (Dictionnaire créole-français - Maisonneuve et Larose, Servédit, Editions Jasor).

Dr Michel DAVID
Président de Socapsyleg
Psychiatre des Hôpitaux - Chef de service.
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Service médico-psychologique régional
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