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(2008-03) Lettre de Mme Charles-Catherine à M. Claude d’Harcourt, directeur de l’AP

Mise en ligne : 25 March 2008

Texte de l'article :

Mademoiselle Charles-Catherine 
1, allée des Erables
94410 Saint Maurice
tel : 06 68 84 47 31
Mail : catherine-2005@hotmail.fr
Blog : http://cyrilkhider.blogs.nouvelobs.com/
Site  : http://www.myspace.com/lili_berte

Monsieur Claude d’Harcourt
Directeur de l’administration pénitentiaire

Saint Maurice le 20/03/ 2008

Monsieur D’Harcourt,

Je viens par la présente, vous parler de mon fils Cyril KHIDER incarcéré actuellement à la prison de MEAUX CHAUCONIN dans des conditions, un fois de plus, inacceptables.

J’avais tenté de vous interpeller une fois déjà, à l’occasion de ce grand colloque où je vous ai rencontré autour du thème : « Psychiatrie et Prison », un des grands chantiers de la République.

Il y avait présent à ce colloque tout ce que compte, en terme de hiérarchie, l’administration pénitentiaire Française, mais aussi des représentants du cabinet de Pascal Clément, ancien ministre de la justice, monsieur Badinter et bien d’autres invités non moins célèbres, ainsi que des représentants associatifs, des aumôniers de prison, des travailleurs sociaux, des avocats dont le conseil de mon fils Delphine BOESEL.

A l’époque, j’avais été très surprise par votre réaction à l’issue de ma prise de parole, alors que le micro m’avait été tendu pour répondre aux psychiatres qui présentaient leurs arguments à la salle.
Je leur avais demandé ce qu’ils comptaient faire pour être entendu par l’administration pénitentiaire, lorsqu’ils établissaient des certificats médicaux intra muros, autrement que dans le cadre d’un « label », servant à maintenir en apnée dans la baignoire carcérale, des personnes détenues. Comme dans le cas de la rétention de sûreté par exemple.

J’avais continué à interroger les psychiatres en me servant de l’exemple de mon fils Cyril, au sujet duquel je vous interpelle à nouveau aujourd’hui, par le biais de ce courrier.
Je leur avais expliqué que deux certificats médicaux avaient été établi par des médecins de la prison de la Santé afin de dénoncer les effets délétères de l’isolement sur son état physique, après cinq longues années de cette mesure inique qu’il subissait arbitrairement.

Je rappelle ici très rapidement, que l’administration dont vous avez la charge, a été condamnée pour allégations mensongères à l’issue d’un long combat contre cette mesure injustifiée et inacceptable que je tentais de dénoncer lors de ce colloque, comme je le faisais à chaque fois. Malheureusement, rien n’a jamais changé au fil des colloques sauf les ministres.

Devant 600 personnes vous êtes intervenu intempestivement, me coupant pratiquement la parole, pour présenter à la salle vos arguments fallacieux, lesquels laissaient sous entendre la « normalité » de cette mesure, compte tenu de la supposée « dangerosité » de Cyril.
Dans votre bouche de responsable institutionnel, en un clin d’œil, Cyril passait de présumé innocent à forcément coupable.
Vos paroles illicites à son encontre et leur logique totalitaire ne m’avaient pas échappé à l’époque.

J’avais presque oublié l’incident lorsque, quelques jours plus tard, mon fils m’explique à l’occasion d’un parloir, que les psychiatres que j’avais interpellé à ce fameux colloque, étaient venus le voir à la prison de la Santé, pour lui parler de mon intervention et lui poser quelques questions sur lui et moi.

A cette époque déjà, madame LORNE actuelle directrice de la prison de MEAUX CHAUCONIN était la sous directrice à la prison de la Santé où mon fils se trouvait, lors de la visite de ces psychiatres.
Il se trouve qu’elle était également présente au colloque en question à un siège devant mon avocate et moi.

A l’issue de cette visite, Cyril a vu un psychologue avec lequel, il a pu établir un dialogue constructif et qui s’est engagé à le suivre à l’extérieur en cas de libération. Un certificat médical élogieux rédigé par ce psychologue a été présenté à la cour d’assises lors du procès de Cyril.

Suite à la visite de ces psychiatres, Cyril s’est vu proposer quelques jours plus tard un cours de Taï Chi ce qui est exceptionnel en maison d’arrêt, a fortiori au quartier d’isolement.

Je suppose que madame LORNE n’a jamais accepté le fait que ma parole ait été entendue par ces psychiatres, qui au fond, ne faisaient que leur travail. Elle n’a pas, semble t’il, digéré cette ingérence ni la lettre que je lui avais écrit, pour dénoncer le comportement indignes de certains agents du quartier d’isolement, à l’encontre de mon fils, à cette époque déjà.

Je tiens d’ailleurs cette lettre à votre disposition si vous jugez nécessaire ou utile d’en prendre connaissance.

Pour elle, je l’imagine ainsi, ce devait être un crime de lèse majesté. Je ne vois pas d’autre explication à son acharnement. A moins que les directives de sa hiérarchie l’aient poussé à agir de la sorte.

Or, depuis l’arrivée de Cyril au sein de son établissement, madame LORNE n’a eu de cesse de lui poser des questions sur moi, en insistant à plusieurs reprises, sur le fait que le combat que je menais à l’extérieur était préjudiciable à sa situation carcérale.
Ce à quoi Cyril aurait répondu, lors d’un de ces curieux échanges : « Le combat de ma mère n’est qu’une forme de résistance pour que je reste en vie, face à votre machine à broyer.

D’ailleurs avant qu’elle n’entre en résistance contre l’administration, une douzaine d’agents m’avaient déjà brisé les côtes et un orteil, lors d’une fouille hyper musclée durant laquelle, ils m’ont écarté les fesses de force. Ce que moi, j’appelle un viol et contre lequel, j’ai décidé, sur les précieux conseils de ma mère, alors que je n’y croyais pas du tout, d’aller devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui vient d’accepter la recevabilité de mon dossier.

Je me suis retrouvé également deux fois dans un état comateux durant presque 48 heures après l’ingestion d’eau minérale vendue en cantine intra muros, dont une après avoir bu l’eau d’une bouteille qui aurait du être vierge de toute substance, puisque neuve.
Alors, cessez s’il vous plait, de rejeter la responsabilité de vos exaction sur ma mère, qui ne fait que tenter de m’éviter le pire, à savoir ma mort, que certains agents ont juré d’obtenir ».

Accusations contre moi que madame LORNE a réitéré devant Delphine BOESEL l’avocate de mon fils, il y a quelques jours à peine, lui précisant que c’était la direction régionale qui mettait la pression sur ses épaules, à cause de mon combat à l’extérieur...( ?)

Monsieur d’Harcourt, très honnêtement, de telles pratiques ne ressemblent elles pas à une forme de chantage déguisé, afin que nous renoncions aux recours que nous avons porté devant la Cour Européenne des droits de l’Homme, en faisant porter le poids de cette responsabilité à vos directeurs (trices) d’établissement ?

N’est ce pas cet état de fait qui aiguise le seuil d’intolérance de votre administration vis à vis de mon garçon et qui apparaît aux yeux de tous comme une évidence, lorsque l’on parcourt son dossier ?

Quant à madame JULIEN sous directrice dans ce même établissement, qui semblait, d’après les dires de Cyril, plus « humaine », elle aussi lui avait posé des questions sur moi et lui avait fait comprendre quelques temps plus tard, qu’il ne sortirait de prison, ni à l’occasion d’une permission, ni dans le cadre d’une libération conditionnelle, parce que l’administration pénitentiaire avait décidé de le mener au bout de la totalité de sa peine.
On ne peut être plus clair sur les dispositions prises à l’encontre de Cyril de la part de l’administration dont vous avez la charge.

Monsieur d’Harcourt, à quoi peuvent bien servir les juges d’application des peines, si les syndicats de l’administration pénitentiaire peuvent accommoder à la sauce « ogre douce » les peines de prison, prononcées par des tribunaux habilités à le faire, à l’encontre de certaines personnes détenues, en imposant une loi du Talion implacable et sans appel ?

Cela s’apparente t’il à des pratiques honnêtes de la part d’une institution qui prétend faire, de la réinsertion des personnes détenues, une priorité ?

Je rappelle ici que mon fils Cyril vient de passer 7 ans sur les 10 ans de prison auxquels l’a condamné la cour d’assises de Créteil et arrivé à ce stade de sa détention, il est en droit de d’obtenir une libération conditionnelle.
Cette cour de justice était composée également de douze jurés tirés au sort parmi les citoyens de la République, lesquels ont estimé, en leur âme et conscience, à 10 ans de prison la peine que méritait de se voir infliger Cyril, au regard des éléments qui leur ont été présentés durant une semaine complète d’un procès éprouvant.
Ceci, malgré les efforts désespérés et désespérants, je le raconte volontiers, de la présidente pour tenter d’en obtenir le double.
Une femme jurée a d’ailleurs quitté la salle d’audience en claquant la porte après avoir dit sa façon de penser à cette dernière et deux autres jurés m’ont contacté après le procès pour dénoncer la partialité de cette présidente.

Tout le procès est relaté sur mes différents blogs et repris sur d’autres, dans lesquels on peut constater à la lecture, que même l’avocat de la pilote d’hélicoptère, partie civile dans ce procès, a fini par plaider contre les conditions carcérales de Cyril.
Un sacré avocat en tout cas soit dit en passant qui a été d’une honnêteté sans faille dans ce procès, à l’image de la jeune femme pilote d’hélicoptère qu’il défendait.

Sur ces dix ans il en a fait sept dont cinq fait dans des conditions d’une violence inouïe, avant que votre administration ne soit condamnée comme je le soulignais plus avant dans cette lettre.
Je ne permettrais pas que cela recommence ou que l’on continue à le torturer, de quelque façon que ce soit, sans rien faire, ne vous en déplaise ainsi qu’à vos directeurs ou directrices d’établissement pénitencier que vous téléguidez à loisir.

Pour lui, pas de réinsertion possible avec cette justice à vitesse séquentielle qui lui interdit toute forme de réintégration au sein d’un projet clairement établi.
Il est marié avec une femme aimante qui le suit depuis tout ce temps d’incarcération et les quelques dix sept transferts subis, les années d’isolement, une petite fille à construire et un employeur qui s’est engagé à l’embaucher et qui a fait les démarches nécessaires en ce sens. Un médecin de la clinique du sport qui attend également de l’ausculter pour une cheville qu’il s’est cassée sur le terrain de sport et que des agents se sont empressé de lui tordre le jour même de sa sortie d’hôpital, alors que le plâtre n’était pas sec.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, il doit subir une opération qui n’avait pas lieu d’être avant cette torsion et ce plaquage au sol par plusieurs agents.

Frapper un homme ce n’est pas très glorieux en soi, mais frapper un homme blessé qui sort de l’hôpital de surcroît, comment définissez vous cela monsieur d’Harcourt ?

Devrais je me taire alors que certains agents ont juré que mon fils ne sortirait pas vivant de prison parce qu’ils estiment qu’il aurait du prendre vingt ans de réclusion. Je me refuse définitivement à laisser faire, dusse je y laisser ma vie.

Force est de constater qu’en France, il vaut mieux tuer une personne pour obtenir une libération conditionnelle, que remettre la sécurité en cause.

Depuis, la tentative d’évasion pour délivrer son frère, fait condamnable au regard de la loi,
jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous assistons impuissants à une véritable kabbale vengeresse qui ressemble à s’y méprendre au remake de « l’addition » superbe film de Denis Amar de 1984, dans lequel un surveillant blessé lors d’une tentative d’évasion, fait subir le pire à un détenu qui se retrouve, deux ans plus tard, dans la prison où il travaille comme chef de détention.
Aujourd’hui la réalité dépasse largement la fiction pourtant déjà insupportable.

Jusqu’où iront les agents troubles de l’administration dont vous avez la responsabilité, monsieur d’Harcourt ?

Quand je pense à madame LORNE, à quelques chefs de détention ou encore à cette poignée d’agents revanchards, se sont immédiatement les images de ce film qui affluent à ma mémoire. C’est horrible ! A l’instar de ces années vécues par toute notre famille sur le mode angoisse sans discontinuer.

Peut être irez vous jusqu’à dire, comme il a été dit pour mon fils, que je suis une paranoïaque, que ma belle fille l’est également, que ma fille ou mon autre belle fille le sont aussi, au regard de ces pratiques d’un autre siècle dont j’ai moi même été victime.
Que le tribunal administratif qui a condamné votre administration pour les cinq ans que mon fils a passé dans un immonde quartier d’isolement, était composé de personnes paranoïaques à l’image du commissaire de la République ?

J’ai moi même subi les foudres de l’administration pénitentiaire, par le biais de deux fouilles humiliantes à l’occasion d’une visite au parloir de la prison de Luynes où je me rendais pour la première fois. Je sais donc, ce que ressent mon fils cadet qui est actuellement au quartier disciplinaire pour trente jours, parce qu’un surveillant n’assume pas d’avoir été insultant et d’avoir manqué de respect à son épouse.

Je connais ces pratiques monsieur d’Harcourt, ça fait treize ans que mon fils aîné est en prison et plus rien ne me surprend de la part de certains agents de l’administration pénitentiaire lorsqu’ils décident de faire « réagir » un détenu pour le pousser à la faute.

J’ai du me mettre nue comme me l’avait demandé la surveillante hilare qui me fouillait en me proposant ce deal immonde. Ou vous vous déshabillez ou vous ne pourrez pas visiter votre fils. Et comme je n’avais pas vu ce dernier depuis quatre longs mois, faute de moyens financiers, j’ai ravalé ma rage et me suis exécutée. A cette époque, je subissais impuissante le tourisme carcéral qui m’était imposé pour aller visiter mes deux fils aux quatre coins de la France.

J’ai du, lors de cette fouille à nu, tourner sur moi même, lever les bras, me faire fouiller la bouche, les cheveux, chaque orifice jusqu’à l’obligation d’écarter les jambes et de tousser devant une surveillante qui visiblement cherchait à m’humilier tout en se moquant de moi.
Je souligne ici qu’aucun contact physique avec mon fils n’était possible puisqu’une vitre hygiaphone nous séparait. Et quand bien même aurai je eu un contact avec lui, ces pratiques sont inacceptables.

J’aurais du être emmenée dans un endroit prévu à cet effet. Non, j’ai été laissé pieds nus sur le béton d’un couloir, devant une surveillante goguenarde qui me rappelait cette affreuse soldate américaine à la tristement célèbre prison d’ABOU GRAIB, celle qui passait en boucle dans les médias après avoir traîné un homme prisonnier en laisse, tandis que nous autres Français, prompts donneurs de leçon nous nous esclaffions : « Oh c’est affreux, c’est inacceptable, quelle horreur ! »
A chaque fois que je repense à cette histoire, c’est invariablement cette image qui me revient et que j’ai décrite plusieurs fois dans différents courriers et autres textes.

Les agents qui pratiquent ce type d’exactions sont ils meilleurs que cette affreuse femme qui pourrait avoir, au fond du fond, la guerre comme circonstance atténuante ?

Nous sommes en paix monsieur d’Harcourt et malgré cela, dans ma vie, celle de ma petite fille de bientôt cinq ans c’est tous les jours la guerre, à cause de ces pratiques carcérales d’une autre époque qui sont devenues la règle au sein de notre soit disant démocratie.

J’ai porté plainte parce que cela s’est reproduit le surlendemain lors d’un nouveau parloir et comme pour le précédent évidemment, rien d’illicite n’a été trouvé sur moi.
Mais, cette plainte a été classée sans suite au bout de trois ans, jusqu’à ce que je me porte partie civile et qu’une enquête soit enfin ouverte pour que cesse ce genre de pratiques dignes du moyen âge et de l’inquisition.
Sachez que si cette plainte est de nouveau classée sans suite, j’irais devant la cour Européenne des droits de l’homme porter cette histoire.

Aujourd’hui, c’est à ma belle fille que votre administration s’en prend pour obtenir la réactivité de mon fils et justifier son placement arbitraire au quartier disciplinaire et à justifier également les exactions dont il est l’objet.
Plus personne n’est dupe monsieur, en tout pas les nombreuses personnes qui suivent ce dossier depuis des années.

Comment définiriez vous cela monsieur d’Harcourt ?

Article 3 : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants » (Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales).

Pour ma part, j’appelle cela de la torture, lorsque l’on sait la violence pour un homme que voir sa mère humiliée de la sorte ou son épouse ou son enfant surtout quand la maman en question, se retrouve à l’hôpital à l’issue d’une telle action.

Très curieusement, hier après midi après avoir mis en ligne une lettre que mon fils m’a fait parvenir, dans laquelle il dénonce le fait qu’il est actuellement au mitard pour une durée de trente jours après qu’un agent ait manqué de respect à son épouse lors d’un parloir, deux femmes responsables de la sécurité de votre administration sont allées rendre visite à mon fils pour lui demander ce qui se passait.

Lors de cette entrevue, il semblerait qu’elles auraient dit à ce dernier, qu’elles ne comprenaient pas pourquoi son grand frère Christophe n’avait pas de problème en détention avec les agents. Ce à quoi Cyril aurait répondu « mon frère a cinquante ans de prison à faire les agents le savent bien, dans un tel cas Christophe n’aurait rien à perdre à se défendre, alors que moi j’ai tout à gagner ».
J’ajouterais pour ma part que les histoires concernant Christophe si elles remontaient à la surface ferait couler à pic l’argumentaire de dangerosité intra muros de mes garçons, on se souviendra de sa tentative d’évasion à la centrale sécuritaire de Lannemezan qui avait laissé tout le monde pantois jusqu’aux gendarmes...

Seul ce que certains agents font subir à son petit frère pourrait le rendre agressif et, jusqu’au jour d’aujourd’hui, il se contient.

Elles auraient ajouté que Cyril avait beaucoup de chance d’être dans cet établissement flambant neuf, où il n’a accès à rien je le rappelle ici et où il lui a été refusé tous les ateliers auxquels il a essayé de s’inscrire. Super !

Ces femmes ont ajouté qu’il fallait qu’il prenne des cours et que c’était sa dernière chance, comme si il n’en avait jamais fait la demande.
Quand je pense au nombre de cours qu’on lui a déchiré, gardé, tâché avec toute sorte de matières, je ne puis m’empêcher de vous demander de qui se moque t’on ?

Pour ce qui est d’une dernière chance, monsieur d’Harcourt, encore faudrait il en avoir eu une première avant d’en avoir une dernière. Je n’ai jamais eu connaissance d’une quelconque intervention de celle ci en 7 ans de prison.

Les seules fois ou la chance lui a fait un petit signe c’est lorsque certains surveillants faisaient preuve d’humanité avec lui, parce que cette réalité là existe aussi.
Oui, heureusement, il y aussi dans les rangs de l’AP, des surveillants honnêtes, dignes, ceux qui par exemple, notamment à la prison de Bois d’Arcy, venaient le prévenir de ce qui se tramaient du côté de leurs collègues revanchards, ceux là même qui étaient d’une extrême courtoisie à mon égard, lorsque j’arrivais en visite au parloir, eut égard à mon combat de mère.

Comment expliquez vous, monsieur d’Harcourt, qu’un homme détenu, sur le point de sortir se retrouve à chaque fois au prétoire ou au mitard avant chaque demande permission, alors qu’il n’a qu’un but rejoindre, sa fille, sa femme, sa mère, ses nièces et la liberté tout simplement.

Tout cela est d’une flagrante antinomie et cette couleuvre que nous sert régulièrement l’administration pénitentiaire, personne ne peut plus et veut plus l’avaler.
En tout cas, aucune des personnes qui suivent ou même survolent ce que je dénonce dans mes textes depuis des années.
Trop c’est trop.

Voilà monsieur d’Harcourt ce que je tenais à vous dire dans les grandes lignes parce que sinon je pourrais noircir des pages et des pages sur ce quotidien que je traîne comme un boulet au pied, ou une bracelet électronique qui m’envoie à chaque forfaiture, de la part d’agents ou de la direction de l’administration pénitentiaire, des décharges électriques dans le cœur.

Si vous désirez des renseignements complémentaires n’hésitez pas à contacter notre conseil maître Delphine BOESEL ou moi même le cas échéant. Je dois énormément à cette avocate qui m’a beaucoup aidé dans ce combat contre l’inacceptable.

Pour ma part, je n’ai aucun espoir de toucher votre cœur, la cible étant bien trop petite, je l’ai donc rangé dans la boite de Pandore avec les autres maux.

C’est à votre raison que je m’adresse, peut être vous dictera t’elle la marche à suivre pour que cesse cette kabbale carcérale contre mon fils et tant d’autres...

Madame Charles -Catherine