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Date : 1-11-2004

Passé, Présent, Futur

Mise en ligne : 4 November 2004

Texte de l'article :

PASSE, PRESENT, FUTUR

 - Loam, marchait depuis maintenant une bonne heure, le jour commençait à poindre à l’horizon ; il profita de son passage sur une butte pour s’arrêter quelques instants, afin de contempler cette magie de la nature, ce moment féerique où la lumière du soleil éclaire la terre dans une explosion de couleurs, mélange de rouge orangé, de jaune sombre au jaune citron, cerné d’une déclinaison, du bleu profond au bleu turquoise. Plus les minutes passent et plus la lumière gagne sur la nuit qui ne laisse aucune place sans combattre. L’homme est saisi par la splendeur de cette aube naissante et la contemple comme si cela était la première fois ; il reste là planté au milieu du chemin.
 - C’est le passage rapide sur le chemin, d’un petit lapin qui le fait sortir de sa contemplation. L’animal s’arrête en bordure, tourne la tête, regarde Loam, puis il bouge les oreilles un peu dans tout les sens et d’un seul coup disparaît dans les hautes herbes qui jalonnent cet étroit chemin. Loam n’a pas bougé, surtout pour ne pas l’effrayer, il regarde l’animal avec beaucoup d’attention, il est surpris par sa couleur d’un gris très clair avec la pointe des pattes et la petite queue d’un blanc immaculé, les oreilles sont elles aussi grises sur la partie arrière et blanche devant, son petit museau ainsi que ses oreilles ne cessent de bouger. Loam n’en croit pas ses yeux ; il découvre toutes ces choses, comme un enfant les yeux écarquillés, curieux de tout.
 - Il réprime un frisson, l’aube est fraîche, son arrêt, sans qu’il en soit conscient, s’est prolongé ; comme sa marche, jusqu’à présent s’était effectuée d’un pas alerte et rapide, il éprouvait une impression de froid. Il se remet en marche et se dit qu’il faut aller moins vite afin de profiter de ce paysage, profiter au maximum de cette journée, de ces instants.
 - Quittant le sommet de la butte, toujours sur le chemin, il s’élance dans la partie descendante ; tout en marchant il contemple la plaine qui s’ouvre devant lui et qui sous la lumière du jour naissant se pare de teintes multiples, véritable kaléidoscope naturel ; des noms de couleur envahissent son esprit ; il prend conscience, à cet instant des millions voire des milliards de sollicitations dont son cerveau se trouve envahi, il se sent comme un ordinateur qui enregistre sans relâche une somme faramineuse de données
 - Le soleil à présent se découpe à l’horizon, un superbe disque encore rougeoyant ; la plaine à cet instant se couvre, par places, de grandes tâches sombres. Les ombres des arbres fruitiers s’étirent dans les vergers, les champs fraîchement retournés offrent leurs sillons à la rosée matinale, la terre luit reflétant les couleurs ocre rouge de ce matin calme.
 - Sur sa gauche dans le lointain, l’horizon est caché par une masse sombre, un bois ; à présent que le soleil a pris de la hauteur et qu’il réchauffe cette terre encore humide de rosée quelques oiseaux s’élancent dans l’azur, en quête sans doute de quelques insectes en guise de repas.
 - Loam marche maintenant depuis deux heures, le soleil est à présent haut dans le ciel, il n’a pas d’heure mais à son avis il doit être autour des neuf heures. Il se souvient de ce système utilisé il y a bien longtemps. Pourquoi s’en souvient-il à cet instant ? Il ne peut le dire ; sans doute les souvenirs de sa jeunesse.
 - Depuis un bon quart d’heure, le chemin s’est remis à monter, la pente est beaucoup plus forte ; il se souvient qu’au sommet il aura une superbe vue ; déjà, la dernière fois il avait passé de longues heures à contempler le paysage ; il force un peu le pas et en une bonne dizaine de minutes il a franchi la distance qui le séparait du sommet. Le spectacle est toujours grandiose ; des champs, des vergers, de petits bois à perte de vue, sur sa droite toujours cette colline tronquée, de son sommet une cascade s’élance dans le vide, l’eau à cette distance jette des éclairs de lumière qui jouent dans les feuillages des arbres environnants.
 - Loam s’assied sur un des gros rochers qui jalonnent à cet endroit le chemin ; à son approche, deux petits lézards s’enfuient maudissant sans doute cette forme qui les oblige à quitter leur solarium ; les rayons du soleil, qui à présent se trouve haut dans le ciel, réchauffent le corps de Loam, il n’a pas conscience de cette sensation, mais il est bien, ses yeux largement écarquillés engrangent les images de ce paysage.
 - Au pied de la butte sur laquelle il se trouve s’étale un grand verger, les arbres sont couverts de petites fleurs blanches ; avec la lumière du soleil et cette légère brume qui monte du sol humide cela semble irréel ; de tendres feuilles commencent à faire apparaître de légères teintes vertes qui se détachent sur le blanc des fleurs et le brun sombre des branches ; au pied des arbres, l’herbe rase et d’un vert profond, étincelle sous le jeu de quelques rayons de soleil qui percent la brume légère. Tout ceci enchante Loam, il boit les images comme une liqueur doucereuse, il est encore une fois émerveillé.
 - Perdu dans sa contemplation, il n’a pas vu les heures passer ; le soleil est à présent au zénith, il inonde la plaine de sa lumière, les ombres ont disparu, les fleurs sur les arbres et dans les prairies semblent garnir la plaine de guirlandes multicolores ; elles exhalent leur parfum, et Loam perçoit parfois ces essences multiples, mélanges de noisettes, de miel, de rosée, de jeune pousse ou de terre humide. Le rocher sur lequel il est assis est maintenant un peu plus chaud ; Loam décide de changer d’endroit, il voudrait s’allonger dans une herbe tendre et fraîche. Il n’est jamais allé près de la cascade, cet endroit l’attire. Il se met sur pieds, jette alentour un regard afin de fixer une dernière fois l’immensité et la beauté de ce paysage ; puis, quittant le chemin, il se dirige directement vers la colline à travers champs.
 - Son pas est tranquille et sûr, il marche en essayant de faire le plus attention possible à cette nature si belle mais qu’il sent aussi très fragile. Il avance d’un bon pas, s’arrêtant parfois afin de contempler une touffe de mauves ou un massif de coquelicots ; à deux ou trois reprises il s’est arrêté et s’est allongé sur le sol, admirant la détermination d’une colonne de fourmis qui faisait fit des obstacles que Loam leur imposait.
 - Très vite, au détour d’un monticule, il perçoit le bruit important que fait l’eau en chutant contre les rochers ; un petit sentier s’ouvre devant lui, il sait, il sent qu’il doit l’emprunter pour se rendre à cette chute d’eau ; en levant un peu la tête il aperçoit une légère brume qui reflète de multiples couleurs : c’est un arc-en-ciel. Au détour du chemin, la végétation s’ouvre sur la chute, mais il se trouve à mi-hauteur, devant lui entre deux gros arbres, un espace de verdure, il s’accorde quelques instants de repos et s’assied sur ce tapis d’herbe tendre, laissant ses jambes pendre dans le vide. L’herbe est légèrement humide, en effet un petit souffle projette de fines gouttelettes d’eau, un embrun enveloppe cette longue colonne ; à son pied, s’est formé un petit lac, sous la chute la surface est un bouillonnement incessant, mais plus on s’en écarte plus l’eau retrouve son calme, sa limpidité ; elle est si claire que Loam peut apercevoir quelques poissons qui jouent dans le courant, ou vaquent à leurs occupations de chasse. Par endroits, de petites vagues, créées par la chute, viennent mourir sur un tapis de sable fin d’une blancheur qui contraste avec l’herbe tendre et d’un vert profond que Loam peut voir luire sous les rayons de soleil. A cet instant, l’image d’une licorne venant s’abreuver s’imprime dans son cerveau, cette image le fait sourire, il sait que cet animal n’existe plus, a-t-il seulement existé ? C’est à chaque fois pareille, une image lui vient à l’esprit et mille questions l’envahissent. Parfois il n’est pas sûr de lui, de ce qu’il pense, ou qu’il vit. Ces souvenirs sont ils ses souvenirs ? Mais devant ce spectacle grandiose il refoule les questions et replonge dans sa contemplation. Loam est émerveillé de ce qu’il voit, il attendait ce jour avec tellement d’impatience qu’il ne veut rien rater du spectacle que la nature lui offre. A ce moment deux oiseaux s’élancent d’une branche basse d’un arbre et plongent dans les eaux claires du petit lac ; à peine quelques secondes plus tard, ils sortent avec chacun dans leur bec un poisson ; ils reprennent leur place sur leur branche et se mettent en devoir de déguster le résultat de leur chasse, leur plumage brillant jette des reflets bleutés, leur long bec s’acharne sur leur proie.
 - C’est à ce moment que Loam décide de continuer son chemin et de descendre sur les berges de ce petit lac. Il se lève, quitte son observatoire et s’engage d’un bon pas dans le sentier ; des arbustes sauvages, en fleurs, exhalent leur parfum suave. La pente est douce mais plus loin elle s’accentue et Loam sans s’en rendre compte allonge le pas, si bien qu’en quelques minutes il se trouve au niveau du lac. Le bruit que fait la chute d’eau ne la pas quitté de toute sa descente, à présent il s’amplifie. Le chemin contourne un peu la chute et mène vers les eaux plus calmes ; non loin de là, les eaux du lac s’enfuient en empruntant le cours d’une rivière. Loam se dit qu’il va pouvoir s’allonger sur cet espace dégagé qu’il y a au sortir du chemin, juste devant cet anse où l’eau a retrouvé son calme et où tout à l’heure il avait pu apercevoir des poissons.
 - Le chemin amorce un dernier virage ; au bout, à environ une bonne dizaine de mètres il s’ouvre sur un espace dégagé ; en quelques pas Loam est enfin sur les bords du lac, l’endroit lui semble être un paradis ; une petite plage de sable fin borde l’eau claire aux reflets verts et bleus, à ses pieds tout un tapis d’herbes tendres aux teintes allant du vert très clair au vert sombre, parsemé de-ci delà de petites fleurs violettes, roses, blanches et rouges. Loam reste ébahi, devant lui la colonne d’eau affiche sa majesté et sa puissance, elle semble immuable, éternelle, figée et pourtant vivante, pleine de force, de vitalité : un Cristal de roche géant. Un halo d’embrun l’entoure, un petit arc-en-ciel joue de ses couleurs sur cet écran de fines particules d’eau. Les arbres et toute la végétation qui l’environne semblent former à cet endroit un écrin de verdure ; l’eau du lac vibre sous les assauts de la chute qui pénètre sa surface et creuse le fond, accentuant ainsi la profondeur.
 - Loam n’en croit pas ses yeux, il se reprend quelques instants, juste le temps pour lui de s’asseoir sur cette herbe fraîche et tendre encore un peu humide. Une phrase lui vient à l’esprit : “ Mais pourquoi ne suis-je pas venu plus tôt ?“. Il reste assis, les bras posés sur ses genoux, le menton appuyé sur ses avant-bras, les yeux plongés dans cette nature si merveilleuse ; des secondes, des minutes, des heures passent sans que Loam s’en aperçoive. Il a vu des insectes de couleurs et de formes différentes voleter, sauter, ramper, nager ; avec de grandes ailes ou de petites ; d’autres avec des carapaces ; d’autres enfin avec de longues pattes. Il a vu des plantes de toutes formes, de toutes grandeurs, de toutes couleurs ; des oiseaux au plumage sans pareil ; de petits animaux qui se cachaient, se faufilaient, fuyaient ; de l’eau d’une pureté cristalline ; des poissons qui sur leurs écailles faisaient miroiter de petits arcs-en-ciel. Tout ce temps passé à la contemplation lui a fait oublier qu’il ne pouvait profiter de tout cela que pendant cette journée. Il lève les yeux au ciel, il sait qu’il est temps pour lui de rentrer.
 - Il se lève, s’étire, fait quelques pas sur le sable et reprend le chemin en sens inverse ; arrivé à mi-hauteur entre les deux arbres, là où à son arrivé il s’était reposé un peu, il jette un dernier regard, il imprime dans sa mémoire ce spectacle mis en scène par la nature pour lui, puis il se détourne et arpente le chemin qui le mène à travers champs ; cette fois il ne s’arrête pas pour regarder les caravanes de fourmis, ni non plus cette touffe de mauves ou de coquelicots, il rejoint le grand chemin par lequel il est arrivé, retrouve le gros rocher sur lequel au matin il s’est assis. Sans marquer d’arrêt, en un seul mouvement de tête, il balaie du regard la vallée qu’il a ce matin contemplée pendant des heures. Il marche d’un bon pas. Chemin faisant, il repasse, comme on se projette un film, les images de sa journée, fixant ces souvenirs, véritable vidéothèque ; ainsi pour l’année qui vient, il se repassera le film de cette journée, s’arrêtant parfois sur quelques images.
 - Plongé dans ses pensées il a parcouru la distance qui le séparait de ce monde merveilleux au dôme dans lequel il vit. Cette planète est ainsi couverte d’une nature chatoyante et de dômes dans lesquels les hommes vivent ; Loam appartient au dôme n° 26540. Aujourd’hui, comme chaque année, il a eu droit à sa journée de liberté, c’est un droit dans cette cité ; les hommes en ont décidé ainsi. Le dôme grandit au fur et à mesure que Loam se rapproche ; bientôt il aperçoit le sas d’entrée, le chemin se dirige directement sur cette porte à croire qu’il n’y a qu’une seule direction.
 - “Pourquoi vit-on sous des dômes ?“, cette question jaillit dans la tête de Loam ; il la tourne et la retourne, mais il n’arrive pas à construire la moindre amorce de réponse, la nature est belle, l’air et respirable, il y a de la nourriture ; alors pourquoi ?
 - Il en est là de sa recherche lorsqu’il arrive devant l’immense porte ; au centre, sur l’un des grands battants, une porte plus petite a été aménagée. Avant de se placer au centre du carré qui a été tracé au sol, il se tourne, regarde encore une fois ce paysage avec quelque part le sentiment qu’il ne le reverra plus ; puis, comme un homme conscient de son destin et acceptant tous les risques qui y sont liés, il se place au centre du marquage, la petite porte glisse lourdement sur sa base dans un bruit de frottement ; à l’intérieur Loam ne voit rien, il attend la fin du déplacement de la porte, puis quitte sa position et pénètre à l’intérieur, sans un autre regard pour ces merveilles qu’il ne reverra peut être plus. Pourtant parfois il a cette impression bizarre de connaître certaines choses sans les avoir apprises, d’être déjà passé à tel ou tel autre endroit. Mais tout cela est confus dans sa tête. A présent il est à l’intérieur d’un grand couloir, un éclairage diffuse une luminosité blafarde qui laisse des zones d’ombre à intervalle régulier. Les murs sont en acier enduit d’une peinture d’un vert sombre qui ajoute à cette ambiance un air lugubre. A gauche de Loam, une main courante sépare le couloir en deux parties ; de l’autre coté, il peut apercevoir une file ininterrompue d’individus, hommes et femmes attendant dans un silence glacial.
 - Loam arrive au fond du couloir, sur sa droite un sas, des portes vitrées glissent sur leur base et lui libèrent ainsi le passage ; il pénètre à l’intérieur, les portes se referment ; de quelques buses judicieusement placées un gaz se répand. Loam attend. Enfin les bouches aspirantes se mettent en service et rapidement le gaz disparaît, la deuxième porte s’ouvre et Loam entre dans une grande salle où l’éclairage est plus vif ; en face de lui un bureau, il sait qu’il doit se présenter à ce guichet. Il avance, il garde sur lui encore l’odeur de ce gaz qui sert à la désinfection et décontamination de tous ceux qui ont été à l’extérieur ; cette société est prudente.
 - Il s’avance à pas lents, la salle est immense, de chaque coté du bureau des hommes, des femmes attendent silencieusement, en file. Loam s’arrête devant le bureau, un homme est affairé, il range des papiers ; soudain il aperçoit Loam, il lève la tête et demande :
 - “Votre identification, s’il vous plaît ?”.
 - “Loam”.
 - L’homme reprend : “Lot, A, M”. Il cherche sur son ordinateur puis se tourne vers son collègue : “Je croyais que nous avions terminé les “lots assistant médecin” ?
 - Mais, rappelle toi nous avons fait sortir le dernier ce matin.
 - “O.K. c’est donc un retour”. L’agent tapote encore sur le clavier de son ordinateur ; et interroge son collègue : - “D’après toi où est-ce que je peux le mettre à présent ?
 - “De toute façon, tu as le temps de réfléchir car en priorité tu dois faire formater sa mémoire.
 - Loam écoute sans rien dire, il comprend qu’il ne pourra pas garder dans ses souvenirs, toutes ces belles images de la nature, il sait à présent que tout ce qu’il a dans sa mémoire ne lui appartient pas, que ces hommes font ce qu’ils veulent de lui, qu’il n’est qu’un objet à leur service. Il voudrait crier, il voudrait fuir de toutes ses forces et le plus loin possible, mais il n’est pas programmé pour cela, il ne sait pas comment cela se fait, comment se révolter.
 - Quand l’agent lui dit :” Voulez-vous rejoindre le couloir numéro cinq”, il s’exécute en silence et avec obéissance. Devant lui trois hommes, enfin trois objets comme lui attendent de passer au lessivage de leur tête, de leur mémoire. Combien de fois est-il passé par se couloir ? Combien de fois est il sorti dans cette belle nature ? Il aurait juré ce matin, à un moment, qu’il était passé par cet endroit, le sommet de cette colline. Cela voudrait-il dire que quelque part le système n’efface pas tout ? Y aurait il une défaillance ? Pourrait il un jour conserver ses souvenirs ? Pourrait il un jour devenir, grâce à ces souvenirs, un être humain avec une mémoire ? Les deux objets qui étaient devant lui ont maintenant disparu derrière cette porte coulissante. Il sait qu’à la prochaine ouverture ce sera son tour et que c’est là, derrière cette porte que sa vie, cette vie prendra fin ; combien de temps passera-t-il là-dedans, avant à nouveau de pouvoir vivre une journée ? Combien de temps encore avant de naître ? Combien de naissances encore ?
 - La porte s’ouvre, Loam entre, la porte coulisse à nouveau sur sa base laissant percevoir un léger frottement et se referme silencieusement. Une dernière fois Loam repasse dans sa tête les images de cette journée. Le bruit d’un système électrique qui se met en route se fait entendre, un casque se pose sur la tête de Loam, il fait sombre, la lumière baisse encore, puis c’est la nuit noire qui l’enveloppe, plus rien, le vide, le néant ; Loam vient de mourir.
 - Les deux agents dans la pièce principale continuent de discuter.
 - “As tu trouvé dans quel domaine tu allais programmer ton répliquant ?“
 - “Oui, je vais l’affecter aux espaces verts, ce sera en accord avec la journée qu’il vient de passer ; et puis après avoir fait travailler son intellect, il faut le faire travailler manuellement”.
 - “Tu as raison ; surtout n’oublie pas de faire effacer toute les traces de son passage dans le théâtre aménagé ; il ne faudrait pas qu’un autre s’aperçoive qu’il existe d’autres vies ; la règle : ils doivent toujours être seul dans leur parc
 - “Tout compte fait, ce n’est pas difficile, je pense que je vais pouvoir me débrouiller pour les suivants”.
 - “J’en suis sûr, d’ailleurs j’ai programmé ma journée de vacances pour dans deux jours”.

"Délié"
Octobre 2004