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Le Réveil n°55 - Recrutement et effectifs : C’est la catastrophe !

Mise en ligne : 28 October 2002

Dernière modification : 15 August 2010

Texte de l'article :

Recrutement – effectifs : C’est la catastrophe !
du Secrétaire Général Adjoint Patrick Louvounou

La tempête est annoncée, les dégâts seront majeurs !

La situation des effectifs a atteint son comble, nous ne pouvons plus continuer à gérer cette préjudiciable pénurie, une situation de crise dangereuse et pénible pour l’institution, comme pour les personnels fatigués, épuisés, atomisés !

Que faire ? Jouer la montre ? L’atermoiement, le silence, bouche-bée : Non et Non

L’U.F.A.P. ne peut se résoudre à ces petits calculs d’épiciers du coin, lorgnant les quelques miettes ou failles qui permettraient de grappiller des centimes d’euros, d’économies sur les emplois budgétaires au détriment d’une fonction publique pénitentiaire, efficace, moderne et humaine ?

De tout cela, nos dirigeants veulent-ils vraiment sortir du cercle vicieux ?

Pour preuves :
Le tableau récapitulatif du suivi des effectifs du bureau RH-4 entre les postes budgétaires et les effectifs réels est très éloquent, ils manquent des ressources :

Personnels de direction : 15
Personnels administratifs : 192
Personnels techniques : 91
Personnels socio-éducatifs : 355
Personnels de surveillance : 2213 !

Plus de 100 démissions sur la 153ème promotion d’élèves surveillants, sans compter les détachements à la douane, police et gendarmerie, on atteint allègrement les 2500 postes déficitaires dans le Corps !

Ahurissant ! Incroyable ! Stupéfiant ! Sidérant !

Au dernier concours de surveillants, sur 10400 candidats seulement 761 reçus, il a fallu baisser la moyenne pour récupérer des candidats et atteindre difficilement les 1200 postes mis au concours ? Grave ? C’est pas possible !

La liste est bien là, et bien dressée on ne peut se soustraire à la réalité des chiffres !

Aussi, nous pensons à l’U.F.A.P. qu’il faut créer les conditions d’une vraie « table ronde » pour une réflexion approfondie et des axes d’actions sur la résolution du problème des recrutements et des emplois on ne peut s’en lasser, ni même s’en priver, cela devient une exigence au regard de l’état d’urgence de la question ?

Il faut créer les conditions d’un dialogue utile à l’instruction, à ces hommes et à ses femmes qui y courbent l’échine quotidiennement pour faire fonctionner ce dernier pan de la démocratie quoiqu’on en dise…

Car même le paiement si substantielles des heures supplémentaires, ne se résoudra pas à lui seul ni à moyen ou à long terme le problème récurrent des ressources humaines nécessaires au fonctionnement optimal des établissements pénitentiaires.

Est-ce une « politique » voulue, ou des choix stratégiques déjà opérés ?

Cette question peut se poser, en rapport avec certains projets actuels déconcentration et décentralisation de certains pouvoirs administratifs, notamment en ce qui concerne les concours ?

Laisse-t-on ainsi pourrir la situation pour mettre les partenaires syndicaux devant des évidences, des faits accomplis, incontournables face à la crucialité du problème ?

Ce serait grave si tel était le cas.

Où, serait-on déjà dans les « starting-blocks » de recrutements massifs d’emplois jeunes, ou d’agents de sécurité ou de sûreté pénitentiaire comme la police et la gendarmerie recrutés au rabais sans formation, simplement « tutorisés », et payés au lance-pierres ?

La question est posée, l’U.F.A.P. sera vigilance et sans concessions ?

Nous n’imaginons pas que les technocrates n’aient pas à ce jour envisagé les solutions ? Face aux directives européennes, face aux exigences et critères budgétaires maastrichiens. Nous ne sommes pas et ne serons pas dupes ?

On ne peut plus jouer aux veuves effarouchées, nous l’avions dit depuis bien longtemps face aux enjeux et aux nouvelles missions qu’il fallait envisager, soit la création d’une seconde école, soit une extension, qui permettrait d’adapter les capacités d’accueil et de formation aux plans de recrutements.

Aujourd’hui le constat est là ? L’E.N.A.P. est obsolète ! Resserrer les missions de cette école autour de la professionnalisation de nos métiers, sortir de la pédagogie « universitaire et infantilisante », philosophique et mystique ! Vers la responsabilisation…

Ce sont là toutes ces raisons qui font que l’U.F.A.P. interpelle solennellement et incessamment nos gouvernants pour sortir de l’ornière… Pour un lifting permanent !

Pourquoi depuis deux ans malgré toutes les insistances de l’U.F.A.P., la création d’un observatoire paritaire permanent des effectifs ne se concrétise pas ! Qu’ont-ils à nous cacher ? L’ampleur du désastre ! Du cyclone !

Ainsi, à moins que nos décideurs aient déjà décidé, les personnels ne pourront plus longtemps accepter de faire les frais de cette politique misérabiliste de recrutement et d’emplois dans cette administration soi-disant prioritaire.

Il semblerait même, qu’à la future C.A.P. de mobilité du mois d’octobre les remplacements des départs en retraite ne soient pas effectués dans leur totalité ? Qu’ils prennent leurs responsabilités l’U.F.A.P. ne l’entendra pas de cette oreille !

Nous ne sommes à même de nous poser des questions, quand on voit que la précédente Garde des Sceaux se plaint du manque d’effectifs ? Qu’a-t-elle fait durant sa biennale ? Dans quel Ministère exerçait-elle ? Nous prend-elle pour des Hurluberlus ?

Madame Lebranchu ose même prétendre qu’elle a obtenu 1536 postes pour les 35 heures ? Bluff ! ou franche rigolade ! C’est vraiment drôle…

Mesdames, messieurs, la balle est dans votre camp ! Nous irons droit dans le mur ! Le temps n’est plus à philosopher ! Le temps de l’action est vraiment venu ! La pénitentiaire plonge dans un no man’s land, comme un paquebot renversé la quille en l’air, avec ses naufragés tétanisés coulant à pic !