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LA PJ enquête sur le retour musclé de Krauth en prison

Mise en ligne : 26 October 2004

Dernière modification : 13 November 2004

Texte de l'article :

La PJ enquête sur le retour musclé de Krauth en prison

La police judiciaire a été chargée par le parquet de Metz de faire la lumière sur les conditions de retour à la prison de Metz Queuleu, vendredi soir, de Stéphane Krauth, condamné à la perpétuité par les assises de la Moselle (DNA de dimanche).

 Selon, Carlo Di Egidio, surveillant délégué CGT USP, la réintégration du détenu aurait été très mouvementée et aurait nécessité près de deux heures alors qu’en règle générale une telle opération ne dépasse guère les dix minutes. Avec sept de ses collègues ils auraient été amenés à maîtriser Stéphane Krauth qui se présentait comme « surexcité extrême et violent ». Il aurait donné des coups de tête dans la vitre du greffe et tenté de porter des coups au personnel pénitentiaire.
 Quatre des surveillants ont porté plainte, hier, pour « blessures volontaires et rébellion », contre le détenu qui aurait été conduit à sa cellule, après avoir parlementé avec le directeur adjoint venu apaiser la situation. Ce dont s’offusque le représentant syndical qui indique qu’un tel comportement conduit logiquement au mitard.

Demande de mise
en liberté

 Les avocats de Stéphane Krauth, Me Dominique Boh-Petit et Alexandre Bouthier contestent cette version. Ils ont visité leur client samedi après-midi et ont constaté qu’il présentait « un front tuméfié, des plaies profondes aux poignets et un oeil au beurre noir ». Krauth, sous l’influence conjuguée de plusieurs calmants tout au long du procès, aurait été incapable de tenir tête de cette façon à huit gardiens, ont-ils expliqué. « Il était à ce point abattu qu’il s’est endormi durant le délibéré » a déclaré Me Boh-Petit. Selon ses avocats, le détenu qui a lui aussi porté plainte, avait la tête recouverte d’une couverture durant son transfert et aurait été l’objet de multiples claques. S’il avoue avoir craché sur le personnel après avoir été violemment poussé contre la vitre du local d’accueil, la fouille au corps qui a suivi aurait été « extrêmement sévère, - vêtements arrachés, pieds et poings liés, couché nu à terre, face au sol - et anormalement longue, - une heure et demie - ».
 Enfin, Me Boh-Petit a affirmé qu’elle allait faire appel, aujourd’hui, du verdict de la cour d’assises et qu’elle assortirait cette démarche d’une demande de mise en liberté en s’appuyant sur la thèse de l’accident qu’elle a plaidé avec son collègue nancéien devant les jurés.

Source : Dernières Nouvelles d’Alsace