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Hygiène et bon usage des médicaments

Mise en ligne : 20 November 2004

Texte de l'article :

PROJET MAISON D’ARRET DE ROUEN

HYGIENE ET BON USAGE DES MEDICAMENTS

Hygiène et Santé, comment prévenir ?

Dans le cadre d’un projet de prévention santé mis en place, avec l’accord de la Direction, par la médecine hospitalière en milieu carcéral, il s’agit de réaliser un projet de sensibilisation au sein de la Maison d’Arrêt de Rouen qui unisse dans un même souci, médecins, détenus et intervenants culturels (vidéaste, cinéaste, metteur en scène) sur la question de l’hygiène, du bien être et du bon usage des médicaments et permettre ainsi de créer une synergie entre les différents services. Nous envisageons un programme éducatif et ludique qui puisse être diffusé de façon régulière sur le canal vidéo interne et dont les personnes mises sous mains de justice soient les acteurs volontaires. Nous souhaitons obtenir un programme de qualité artistique et pédagogique qui puisse servir de pilote à d’autres campagnes de même type.

Les moyens techniques dont dispose l’atelier vidéo sont suffisants pour réaliser sous la direction artistique d’un réalisateur professionnel des documents filmiques de très bonne qualité et ainsi contribuer au dynamisme de l’atelier.

Un questionnaire sur l’hygiène et l’usage des médicaments sera réalisé par les médecins puis diffusé à un panel de détenus et de formateurs susceptibles d’être accompagnateurs volontaires du sujet. Les thèmes réunis seront ensuite débattus au cours d’ateliers réunissant médecins, volontaires et intervenants culturels afin, sur la base d’un dialogue, de dégager des phrases clefs et les modes d’expression les plus à même de faire passer le message santé.

Les messages réalisés par le collectif seront ensuite soumis à une mise en jeu et à des improvisations dans le cadre d’ateliers théâtre afin de préparer les acteurs, choisis au sein du groupe, à la caméra et étayer l’écriture cinématographique d’un scénario. L’écriture du scénario sera confiée à un groupe de détenus dirigés dans ce travail par le réalisateur qui, avec la collaboration du metteur en scène, définira le choix des images.

Le tournage d’une première scène de courts messages, environ d’une minute chacun, sera préparé et tourné pendant l’été, période creuse où les détenus, privés des contacts usuels avec l’extérieur sont en demande d’animations. L’idée retenue est de multiplier les portraits, pour privilégier une approche de la santé qui soit personnalisée et originale. Les acteurs, responsables de leur question, pourront influer sur le traitement et proposer un message reconnaissable pour eux-mêmes avant de l’être pour autrui. Des témoignages vivants sur la santé au quotidien sont le moyen le plus objectif de transmettre un message au plus grand nombre, tout en préservant le respect d’une intimité souvent mise à mal par les conditions d’incarcération.

Ce projet doit mettre en valeur l’importance d’une prévention carcérale, pérennisée auprès des détenus, au cours de la réinsertion sociale.

PRESENTATION DU PROJET

Hygiène et santé, comment prévenir.

Dans le cadre d’un projet de prévention santé mise en place, avec l’accord de la Direction, par la médecine hospitalière en milieu carcéral, il s’agit de réaliser un projet de sensibilisation au sein de la Maison d’Arrêt de Rouen qui unisse dans un même souci, médecins, détenus et intervenants culturels (vidéaste, cinéaste, metteur en scène) sur la question de l’hygiène, du bien être et du bon usage des médicaments et permettre ainsi de créer une synergie entre les différents services. Nous envisageons un programme éducatif et ludique qui puisse être diffusé de façon régulière sur le canal vidéo interne et dont les personnes mises sous main de justice soient les acteurs volontaires. Nous souhaitons obtenir un programme de qualité artistique et pédagogique qui puisse servir de pilote à d’autres campagnes de même type.

Les moyens techniques dont dispose l’atelier vidéo sont suffisants pour réaliser sous la direction artistique d’un réalisateur professionnel des documents filmiques de très bonne qualité et ainsi contribuer au dynamisme de l’atelier.

Un questionnaire sur l’hygiène et l’usage des médicaments sera réalisé par les médecins puis diffusé à un panel de détenus et de formateurs susceptibles d’être les accompagnateurs volontaires du sujet. Les thèmes réunis seront ensuite débattus au cours d’ateliers réunissant médecins, volontaires et intervenants culturels afin, sur la base d’un dialogue, de dégager des phrases clefs et les modes d’expression les plus à même de faire passer le message santé.

LES THEMES DEVELOPPES

Le Service médical de la Maison d’Arrêt, représenté par les docteurs LEGER et GAMAHUT souhaite voir développer les thèmes autour de l’hygiène et du bon usage des médicaments au sein de la maison d’arrêt.

Un questionnaire auquel ont réfléchi certains détenus a été rédigé par les médecins et diffusé à un panel de la population carcérale.

Les idées-phare de ce questionnaire, point de départ du projet vidéo, sont fondées sur les faits que :

En ce qui concerne l’usage des médicaments :
Aucune pilule n’est innocente, d’où l’importance de ne pas stocker, de ne pas échanger et de respecter la prescription.
Il est important de souligner l’effet obtenu par les médicaments inappropriés (par exemple psychotropes).
Et enfin d’insister sur l’existence d’overdose mortelle non voulue.

En ce qui concerne l’hygiène :
Il est essentiel, même en prison, de faire des choix de santé : pour son bien-être à soi et celui de la collectivité, méconnaître ces choix c’est augmenter le préjudice subi.
Agir sur soit c’est : veiller à la propreté du corps, des vêtements, veiller au tabagisme, à l’alimentation, aux poubelles, à l’entretien des cellules.

LES PARTENAIRES

La Direction de la Maison d’Arrêt de Rouen, en la personne de Monsieur CHOPINET, son Directeur.

Le personnel de surveillance de la Maison d’Arrêt de Rouen. Le personnel soignant de la maison d’Arrêt de Rouen.

Le service médical de la Maison d’Arrêt de Rouen, Michèle GAMAHUT et Pascal LEGER, encadrement médical du projet, rédaction du questionnaire.

Les détenus, acteurs du projet, répondront au questionnaire, travailleront à l’écriture du scénario, à la réalisation des courts métrages.

Le Greta : Paule THOUMYRE, formatrice Greta.

L’équipe du club vidéo de la maison d’arrêt et son canal interne Frédéric LAMBLAIN et Samuel PETIT.

L’atelier Théâtre, Alix de MORANT, metteur en scène, responsable de l’atelier théâtre, encadrement des hommes et femmes acteurs et collaboration avec la cinéaste réalisatrice à la conception des images vidéo.

Anne PEYREGNE, réalisatrice cinéaste.

Action Solidaire Développement, Elise PHILIPPON.
En collaboration avec les médecins responsables, coordination extérieure du projet. Synthèse et mise en place avec les médecins d’une diffusion éventuelle sur d’autres Maisons d’Arrêt.

LA DIFFUSION

Le 11 Décembre 1998, les spots vidéo réalisés, d’une durée d’environ 8 minutes chacun, ont été diffusés auprès d’une quarantaine de personnes dont :

Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Rouen.
Monsieur le Président du Tribunal de Grand Instance de Rouen.
Monsieur le Juge de l’Application des Peines.
Le Médecin-Chef de l’UCSA de Rouen et du Centre de Détention du Val de Rueil.
Le Service Social de la maison d’Arrêt de Rouen.
Le CPAL.
Les infirmiers et personnels soignants de la Maison d’Arrêt de Rouen et du Val de Rueil.
Les surveillants gradés et surveillants de la Maison d’Arrêt de Rouen.
Avocats, volontaires de l’association Relais Parents-Enfants.
Quelques personnes, représentantes du Ministère de la Justice, de l’emploi et de la Solidarité ont également été conviées mais n’ont pu se rendre à l’invitation.

LES IMPRESSIONS

L’ensemble des spectateurs a apprécié le travail réalisé, malgré quelques questions posées sur l’impact et l’intérêt à moyen et long terme d’un tel projet. Il est difficile, à l’heure actuelle de pouvoir en parler. Les films réalisés sont diffusés auprès de la population carcérale par le biais du canal interne de la vidéo mais il est encore trop tôt pour en avoir les retours.
Auprès des comédiens détenus, ce projet a offert à certains la possibilité de s’exprimer artistiquement, corporellement, de se découvrir face à la vidéo.

Les surveillants qui ont joué un rôle important dans le bon déroulement de ce projet jusqu’à sa diffusion ont pu offrir au regard extérieur une autre image au sein de la Maison d’Arrêt de Rouen.

La réaction de certains détenus nous permet de dire qu’un tel projet a lieu d’être et il semble important de le proposer à d’autres Centres de Détention :

Alain : « Ce tournage, pendant ces quelques heures, nous a permis de sortir de la prison, même si ce n’était que dans un univers clos...
...pour participer à cela, il faut être prêt à recevoir, à donner l’essentiel, savoir se dire que malgré la situation, on peut aider les gens qui nous entourent, s’aider soi-même en prenant conscience des dégats que fait l’ignorance...

Nouara : « Quelle semaine ! pleine d’émotions, de tracs, de plaisir et de joie...
...ce projet est valable, dans le sens où il peut changer des personnes faibles, influençables ou naïves... J’aimerais rajouter qu’il faut se dire en prison, j’y suis, c’est une épreuve, ce n’est pas la dernière, ni la pire. Nous devons les accepter car elles nous font grandir dans la vie et être plus sûrs de nous....