14260 articles - 12260 brèves

Philosophies et politiques pénales et pénitentiaires

Détail sublime : Pénitentiaire, étymologie

Mise en ligne : 27 December 2002

Dernière modification : 23 January 2011

Texte de l'article :

On apprend dans le dictionnaire étymologique que "pénitentiaire" avait fait son entrée dans le dictionnaire de l’académie en 1838 sous la monarchie de juillet et son roi Louis Philipe. Si le mot "pénitencier" est zortit du vocabulaire administratif, il reste l’administration "pénitentiaire", et celle-là gère le service public - ou ce qu’il en reste - de la prison.

"Pénitentiaire" vient du latin écclésiastique et est tiré de paenitentialis ou pénitences.
Donc l’administration des pénitences, qui peut-elle gérer sinon des pénitents ?
Pénitences est créé au XIVème par le durcissement des catholiques, et annonce les thèmes forts de l’Inquisition. "Souffre, mon frère, dit l’Inquisiteur, cela te fera voir Dieu, chasse le diable de ton corps impur, flagelle-toi, chie-en à mort, c’est comme ça qu’on devient un bon fils de dieu."
(PS. je ne fais de distinguo ni entre l’islam, le catholicisme, le ceci ou le cela, pour moi, c’est clair, les hommes se battent pour des abstractions qui de façon pratiques, sont inaccessibles - ainsi ceux qui s’enr éclament ou se battent ne court pas le risque de se faire contredire par l’abstraction)

"Prison"— vient de "prise" au XIème, et veut dire de façon simple qu’on arrête dans sa course le suspect. On lui met la main dessus.
"Peine" et son dérivé, "pénal" vient du latin juridique : poena.
Entre paenitentialis et poena, il y a autant de rapport qu’avec papa ! il y a le "p" et un "a" et un "e" muet.

Donc les Surveillants sont dans un étau : d’un côté, ils sont en charge d’une mini Inquisition (faire expier) et de l’autre, d’un administration dont la Soviétique reste l’idéal.
Voilà comment se comprennent les mesures sadiques et cette opacité du fonctionnement intérieur, et surtout, cette incroyable censure du courrier ! Je ne comprends pas que personne ne s’insurge contre une censure de la correspondance privée qui sont une atteinte à la liberté de pensée et d’expression monstrueuse.

Qu’on ouvre le courrier et le lise, passe encore vu ceci ou cela, encore que pour les condamnés, cela ne se justifie en rien, mais que le courrier mette des semaines, et parfois qu’il se perde, c’est illégal. Enfin, le fait qu’un détenu se défoule dans un courrier privé n’a aucune incidence sur l’honorabilité des Surveillants, et il serait temps de s’attaquer à cette atteinte à la liberté de penser, liberté que justement, l’Inquisition a le plus harcelée, faisant griller les gens soupcçonnés de n’honorer que de façon hypocrite leur dieu - il fallait qu’en plus ça soit sincère ! Le dégoût et le ressentiment d’un prisonnier pour les Suveillants tels qu’ils pratiquent leur métier actuellement, est une preuve de bonne santé mentale.
L’irrévérence dans les lettres tant des amis ou des familles que dans celles des prisonniers n’est pas délictuelle. Qu’on laisse les gens se parler et penser dans l’intimité. Le problème c’est de différencier penser et faire.
Et c’est justement le propre de la pensée religieuse, quelque soit les dieux, de confondre penser et faire, et dans l’élan d’interdire de faire les tabous, d’interdire d’y penser, comme si penser induisait faire. Or penser, permet de méditer et parfois d’éviter de faire. C’est donc la pensée religieuse (la culpabilité) qui déclenche les passages à l’acte.

Dans le même ordre d’idée, il semble que la déchéance des droits civiques soient acceptée par les prisonnier comme bien méritée. Pour ma part, cela me semble une atteinte fondamentale au droit de l’homme d’être un citoyen.

Si l’État ne considérait plus des" crimes" et des "délits" mais des "atteintes aux droits de l’homme", je pense que la prison se transformerait en un centre de citoyenneté...

Marie Berger, dramaturge