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Date : 22-02-2003

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"Contrôle total" de Gilles (12 février 2003)

Mise en ligne : 22 February 2003

Dernière modification : 5 March 2003

Texte de l'article :

Bonjour à tou(te)s.

Vous trouverez ci-joint un dépliant invitant les détenus à jouer les écrivains, dans le plus pur style "contrôle total" qu’affectionne l’administration pénitentiaire. Ainsi, le tapuscrit/manuscrit devra être accompagné de :
- une autorisation de sortie.
- les "coordonnées de la personne ayant suivi le projet". En clair, un membre du Service Pénitentiaire d’Insertion et de probation (SPIP), sorte de Sécuritate qui remplace depuis 1999 un service qui comportait encore le qualificatif de social. La formation retranscrit bien l’infantilisation permanente dont nous sommes l’objet, même si je ne nie pas que certains ont besoins d’être un peu poussés ou encadrés. Ce qui justifierait (??) l’existence du SPIP.

Le genre d’initiative typique estampillée culturelle qui donne l’illusion aux détenus (pas tous) et surtout au public qu’ils peuvent s’exprimer librement. En matière de communication les restricytions pénitentaires françaises ne sont pourtant pas tristes :
1. Aucun droit de réunion oude revendication collective.
2. publication d’écrits soumise à autorisation préalable.
3.Courrier ouvert, lu en détail, photocopié si nécessaire (en violation d’un article interdisant la reproduction de textes sans consentement de l’auteur).
4. Communications téléphoniques espionnées en direct, enregistrées, et les numéros appelés font probablement l’objet d’enquêtes selon le profil du détnu. les textes (art. D.417 du Code de procédure pénale) prévoient le luxe inouï d’un appel par mois (vraiment très généreux), se gardant bien de préciser la durée de l’appel généralement de 10 ou 15 mn, à condition de n’appeler que sa famille ou des personnes possédant un permis de visite. Malheur aux orphelins. Et si vous souhaitez joindre des amis lointains il devront obligatoirement faire des déémarches et subir une enquête de police pour recevoir un permis de visite qu’ils n’utiliseront pas. Imaginez les difficultés paperassières s’ils vivent à l’étranger. Evidemment, le nombre de permis de visites est limité. Heureusement, certains établissements, selon le bon vouloir du capitaine toujours seul maître à borde, autorisent une plus large pratique du téléphone [1].

Merci pour tout. A bientôt.

Gilles





Notes:

[1] A la centrale de Poissy, il semble que les travaux vont avoir lieu pour rajouter au moins une cabine supplémentaire aux deux existantes (2 cabines pour 250 détenus a fini par apparaître insuffisant)