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Communiqué en faveur de Michel Ghellam

Mise en ligne : 14 November 2001

Dernière modification : 15 August 2010

Texte de l'article :

A Montreuil, le 14/11/2001

Madame, monsieur,

 

Nous avons été alertés par Maître Luneau Françoise, (175 quater, bd J. Jaurès, 92100 Boulogne Billancourt, tél : 01 46 04 59 59, fax : 01 46 04 60 94), conseil de Ghellam Michel, d’un " incident" qui nous a paru assez inquiétant pour que nous vous en communiquions la teneur.

En deux mots, Michel Ghellam est l’un des " évadés de Clairvaux " qui ont été jugés en novembre 1999 par la cour d’assises de Troyes. Si la justice a reconnu un certain flou dans l’instruction précisément au sujet de la mort d’un surveillant pris en otage pendant l’évasion, le personnel pénitentiaire n’a visiblement pas admis que Michel Ghellam n’est pas responsable de cette mort. Il l’avait d’ailleurs dénoncé lors des audiences, témoignant du fait qu’il était l’objet de tortures répétées et que certains surveillants l’avaient menacé de mort : " un jour ou l’autre là-bas, ils m’assassineront… "

Aujourd’hui, Michel Ghellam est soit au quartier disciplinaire, soit au quartier d’isolement de la maison d’arrêt de Fresnes. Cela fait d’ailleurs plus de neuf ans qu’il est enfermé dans les différents QI de la région parisienne, alors que le docteur Dominique Faucher avait parfaitement expliqué lors des audiences du procès quels étaient les effets dévastateurs d’un séjour prolongé dans ce type de cellule : ce n’est ni plus ni moins qu’une torture blanche, une mort lente. Il a été transféré le 6 novembre du QI de la Santé à celui de Fresnes : transfert diciplinaire. Le motif est simple et répétitif, il a osé protester contre la censure qui est systématiquement appliquée à son courrier et aux revues qu’il devrait recevoir. A Fresnes, comme c’est fréquent pour lui, un comité l’attendait, cinquante surveillants en tenue de combat (casques, boucliers matraques…) l’ont passablement tabassé et piétiné, prétextant du fait qu’il refusait de donner ses empreintes digitales, alors que rien dans le CPP n’oblige effectivement à le faire. Résultat : quartier disciplinaire et passage au prétoire. Son avocate s’est vu moquée, un surveillant déchirant ironiquement sa convocation et empêchée de préparer la défense avec son client pendant les deux heures légales prévues à cet effet. Le jugement rendu a été de 8 jours de QD dont six avec sursis. Au sortir du prétoire, le personnel pénitentiaire a voulu lui faire subir une fouille intégrale en le forçant à s’accroupir et à tousser, pratique aussi humiliante qu’inutile selon tous les rapports européens. Le refus l’a reconduit pour 8 jours plus les 6 jours de sursis au QD.
Il est évident que nous avons affaire à un cas de vengeance personnalisée outrepassant caricaturalement la fonction des membres de l’AP dont certains ont la fâcheuse habitude de pratiquer "leur" justice.

Dans un climat généralement inquiétant en ce moment (tensions vives un peu partout souvent provoquées par des syndicats pénitentiaires comptant sur des actes de violence désespérés qui seraient de nature à justifier leurs revendications corporatistes et sécuritaires), il nous semble plus qu’urgent d’empêcher que l’irrémédiable ne se produise…
Nous préférons penser que vous n’êtes pas informé de ces agissements aussi dangereux qu’arbitraires, c’est pour cela que nous nous permettons de vous adresser ce courrier, considérant désormais que s’il arrivait quelque chose à Michel Ghellam, personne ne pourrait plus prétexter de l’ignorance du fait.

Vous trouverez ci-joint toutes les pièces justificatives.

Ce courrier a été adressé à différents organes de presse ainsi qu’à Mme Lebranchu, ministre de la justice.

Le comité de rédaction de l’Envolée

 

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