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4 Thématiques à promouvoir dans les domaines de la santé, sensibilisation et formation des personnes incarcérées et de leurs familles, de l’UCSA, des intervenants et du personnel pénitentiaire

Mise en ligne : 6 mars 2007

Texte de l'article :

4 Thématiques à promouvoir dans les domaines de la santé, sensibilisation et formation des personnes incarcérées et de leurs familles, de l’UCSA, des intervenants et du personnel pénitentiaire

4.1 Suspension de peine

Les associations doivent relayer les informations auprès des personnes malades ou âgées susceptibles de bénéficier d’une suspension de peine ou d’un aménagement de peine pour raison médicale. (voir point 5 - Préparer la sortie)
En parallèle de la requête auprès du tribunal et des démarches accomplies avec les médecins de l’UCSA et les CIP, les associations vont apporter une assistance au montage des dossiers de demande de suspension de peine applicable à toute personne condamnée incarcérée dont il est acquis (double expertise médicale concordante) « qu’ils sont atteints d’une pathologie engageant le pronostic vital ou que leur état de santé est durablement incompatible avec le maintien en détention ».
Dossier à lire :
Etudes http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=919
Textes http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=281

Elles doivent aussi accompagner les personnes malades par l’éducation à la santé dans de nombreux domaines tels que les suivants

4.2 VIH, VHC, Tuberculose

Actuellement, de nombreuses raisons peuvent expliquer le manque d’acteurs de terrain engagés dans la lutte contre le VIH en milieu carcéral :
• Le VIH/sida est associé à des pratiques interdites : « il n’y a ni drogue, ni sexe en prison »
• La prison est un lieu où tout se sait et dans lequel le secret médical est difficile à préserver
• La réticence des détenu(e)s de peur d’être identifié « toxico » ou « homo »
• L’opacité de fonctionnement de l’administration pénitentiaire,
• Une méconnaissance des rouages de l’administration pénitentiaire,
• Un manque de contacts entre les acteurs de la lutte contre le VIH et l’administration pénitentiaire,
• Un manque de contacts entre les acteurs de la lutte contre le VIH et les équipes médicales intervenant en prison,
• Un manque de contacts entre les acteurs de la lutte contre le VIH et les surveillants de prison, qui restent les personnes étant les plus en contact avec les détenu(e)s,
• Un manque de communication/coordination des projets actuellement menés en prison.

Les actions actuellement menées en prison ont du mal, une à une, à se développer. Un « investissement » de la part de tous les acteurs de la lutte contre le VIH en prison est nécessaire afin d’aboutir à de véritables programmes de prévention de la transmission du VIH et d’accéder à une amélioration notable des conditions d’accès aux soins et aux traitements pour les personnes incarcérées séropositives.

Les actions locales par prison auront un impact d’autant plus fort qu’elles seront associées à des programmes nationaux de lutte contre le VIH. Ainsi, seule une prise de conscience nationale de tous les acteurs concernés permettra d’atteindre des résultats significatifs dans la prévention contre le VIH et la prise en charge des personnes séropositives incarcérées.

Dossier à lire :
Etudes : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=158
Textes : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=1078

4.2.1 Etat des lieux

Le milieu carcéral présente une prévalence 3 à 4 fois supérieure à celle de la population générale pour le VIH et 4 à 5 fois plus pour le VHC. La prise en charge du VIH dépasse le simple accès aux traitements et nécessite différents niveaux de prise en charge (soutien psycho-social, thérapeutique, médico-social et juridique) de façon à ce que la santé soit prise en en compte au sens d’un bien être physique, psychologique et social).

Aujourd’hui ces différents niveaux de soutien sont peu ou pas développés en milieu carcéral. En effet :

- les liens sociaux affectifs et familiaux sont mis à mal, et les éventuelles ruptures liées à la pathologie sont exacerbées par l’incarcération ;
- la souffrance psychique liée à la maladie ou aux traitements est peu ou pas prise en compte ; elle est parfois traitée de manière disciplinaire ;
- les personnes sont peu accompagnées dans leur gestion quotidienne des traitements, du secret, dans leurs choix thérapeutiques et dans leur trajectoire ;
- les demandes de rendez-vous sont exclusivement faites par écrits, ce qui posent problème pour les personnes s’exprimant peu ou pas en français, ou ne sachant pas écrire,
- les délais d’attente, l’absence de permanence de soins, les conditions d’extraction médicale, le rôle des surveillants et co-détenus comme intermédiaires sont autant de freins dans l’accès au système de soins ;
- l’ensemble des démarches de soins maintenues ou initiées au cours de la détention sont susceptibles d’être interrompues par manque de relais entre l’intérieur et l’extérieur, et plus particulièrement par l’absence de solutions d’hébergement ;
- les personnes concernées par le VIH et les hépatites en milieu carcéral peuvent vivre dans le dénuement du fait de l’absence de revenus et de soutien extérieur et des discriminations dont ils font l’objet, notamment dans l’accès aux activités rémunérées.

4.2.2 Attentions particulières

Face à ces constats les projets mis en place doivent poursuivrent un ou plusieurs des objectifs suivants les objectifs suivants :
- Soutien moral et matériel de l’entourage par les acteurs d’aide au maintien des liens familiaux (défraiement hotel, transport, repas) ;
- Aide directe aux personnes incarcérées et aux familles (mandats) ;
- Permanences d’associations intervenant dans le champ de la santé au sein des structures d’accueil de familles ;
- Soutien individuel et collectif des personnes incarcérées autour des questions liées aux liens affectifs, à la parentalité, à la sexualité ;
- Ateliers socioculturels ou d’expression artistique et/ou corporelle à destination des personnes malades incarcérées ;
- Formations de personnes relais sur les questions relatives au VIH et aux hépatites ;
- Favoriser l’accès aux activités rémunérées pour les personnes concernées par le VIH ;
- Développer les permissions de sortir, pour faciliter l’accès aux consultations externes, tant sociales que médicales ;
- Apporter un soutien juridique, hors affaire, dans le cadre de la lutte contre les discriminations et de l’accès aux droits (droit des étrangers notamment) ;
- Sensibiliser les équipes professionnelles et de l’ensemble des personnes incarcérées à la lutte contre les discriminations.
- Sensibiliser tous les partenaires et les personnes elles-mêmes à la possibilité d’obtention d’une suspension de peine pour raison médicale.

4.3 Toxicomanie, Alcoolémie

Prise en charge de conduites addictives (alcool, médicaments, substances psychoactives illicites), apport de solutions adaptées à la détention et en tenant compte qu’en cas de transfert, il n’est pas assuré actuellement que le traitement ne sera pas changé, voir supprimé en fonction des pratiques et des possibilités des médecins des différents UCSA.
Dossier à lire :
Etudes Toxicomanie  http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=627
 Alcoolémie  http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=1186

Textes Toxicomanie http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=916

4.4 Automutilation, suicide

La mise en place systématique de formations à la prévention du suicide, pour tous les personnels et tous les intervenants en prison (qu’ils soient des professionnels ou des bénévoles), est indispensable. Ces formations devraient permettre à toute personne, travaillant ou ayant une activité bénévole en prison, de prendre pleinement conscience du risque élevé de suicide pour les personnes incarcérées. Ce dernier étant lié, non seulement, aux problématiques apportées par les personnes lorsqu’elles arrivent (situation de précarité sociale ou familiale, troubles psychiatriques par exemple), mais aussi, aux effets extrêmement pathogènes de la prison. Le choc de l’incarcération, les périodes d’attente de jugement, la dégradation des liens familiaux sont autant de circonstances de nature à conduire les personnes à des gestes d’automutilation ou à des tentatives de suicides.
Pour les personnes incarcérées elles-mêmes, lorsqu’il est pressenti qu’elles sont psychologiquement fragiles et/ou qu’elles traversent des épreuves particulièrement déstabilisantes (jugement, parloirs avec la famille qui s’espacent...), il convient d’adapter leur régime de détention et de leur apporter tout le soutien nécessaire, par des professionnels compétents. En tout état de cause, cette démarche ne doit jamais être un prétexte pour remettre en cause le secret médical.
Dossier à lire : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=948

4.5 Prévention des risques liés à la prise de médicaments

Les effets indésirables sont inhérents à la prise de médicaments ; ces effets sont d’autant mieux acceptés par le patient que le traitement en cause est la seule voie possible de guérison. Ceci dit, lorsque ces effets indésirables sont de l’ordre du passage à l’acte de violence, contre soi-même ou contre les autres, le rapport bénéfice/risque pose réellement question. Et ce d’autant plus que l’usage qui est fait des médicaments est la source de leurs effets négatifs, peut-être au mois autant que leur composition elle-même. En outre, les accidents liés à la prise de certains médicaments sont très peu médiatisés, notamment pour des raisons commerciales, mais pas seulement ; ce déficit de diffusion de l’information est accentué lorsqu’il s’agit de la prison.

Un psychotrope est une substance chimique qui a un tropisme psychologique, c’est-à-dire qui est susceptible de modifier l’activité mentale, sans préjuger du type de cette modification. La classification des substances psychotropes est la suivante : les psycholeptiques ou sédatifs (hypnotiques, anxiolytiques, neuroleptiques, thymorégulateurs), les psychoanaleptiques ou stimulants (antidépresseurs, stimulants de la vigilance) et les psychodysleptiques ou perturbateurs (hallucinogènes). Seuls les anxiolytiques favorisent les actes de violence contre soi même et autrui. Les prescriptions abusives d’anxiolytiques peuvent conduire à des tentatives de suicide. Les anxiolytiques sont prescrits dans les cas suivants : la crise d’angoisse aiguë, le trouble anxieux aigu réactionnel à un événement stressant, l’angoisse durable, certaines formes de troubles anxieux et divers états psychopathologiques qui comportent des symptômes anxieux ; dans ce dernier cas, les anxiolytiques sont prescrits à titre transitoire et annexe (les états dépressifs, certaines pathologies névrotiques, les états psychotiques, l’alcoolisme chronique). Le choix de l’anxiolytique et son mode de prescription nécessitent un diagnostic précis et un suivi très régulier, en particulier sur le plan psychologique.

La prison, anxiogène par nature, est un lieu où la prescription d’anxiolytiques est extrêmement courante, d’autant plus d’ailleurs que se retrouvent en prison des personnes nécessitant une place dans des établissements de soins psychiatriques, et non en détention. La plupart des anxiolytiques ont un effet immédiat, ce qui en rend la prescription tentante. Mais la prescription d’anxiolytiques ne doit pas dépasser 12 semaines (arrêté du 7 octobre 1991) et doit être strictement encadré. En outre, les effets de ces substances sont tels qu’elles sont l’objet d’échanges entre personnes incarcérées, écartant par là-même toute possibilité de suivi médical. Si ces substances sont tant recherchées c’est aussi parce que la prise en charge psychologique en milieu carcéral est nettement insuffisante. Les diverses classes de benzodiazépines représentent la grande majorité des somnifères et anxiolytiques. Somnifères et anxiolytiques se différencient essentiellement par leur demi-vie (durée d’action) et leur distribution (délai d’action). Les benzodiazépines ne peuvent en aucune façon traiter les causes de l’anxiété ; d’où l’importance du suivi psychologique associé à la prise, forcément transitoire, de ces substances. Les benzodiazépines se sont avérés nettement moins toxiques que les barbituriques, mais ne constituent pas un progrès en ce qui concerne leur potentiel de dépendance. Outre leur fort potentiel de dépendance, les benzodiazépines, et les anxiolytiques en général, ont un certain potentiel désinhibiteur, favorisant, dans certains cas, le passage à la violence contre soi (automutilation ou suicide) ou contre autrui. Les réactions paradoxales de violence toucheraient plus particulièrement les sujets ayant des antécédents agressifs ou un faible contrôle pulsionnel et certaines personnalités fragiles. Elles seraient favorisées par les situations de frustration. Or la frustration est la règle en prison, institution basée sur un fonctionnement non négocié.

Avec un taux de suicide 7 fois plus élevé en prison qu’en milieu libre il ne peut être fait l’économie d’aucune réflexion sur les causes possibles de cette sursuicidité. L’absorption de médicaments n’est pas nécessairement une cause directe de suicide. Dans ces conditions, établir un lien entre un traitement anxiolytique, correctement pris ou non, et une sursuicidité est extrêmement difficile. Ce d’autant plus que cela induit une responsabilité collective toujours lourde à porter et autant que possible écartée sous le vocable "mort suspecte". Quoi qu’il en soit, développer des actions en prison sur les risques liés à la prise d’un traitement anxiolytique est primordial ; à la fois pour éviter des cas de suicides, d’automutilations et pour donner aux personnes de bonnes habitudes en matière de santé. Le développement des prises en charge psychologiques est fondamental pour éviter le recours exclusif à des traitements de ce type. Prescrire ces traitements revient à céder à la facilité pour maintenir un calme relatif dans une prison, ce qui n’est pas acceptable eu égard aux conséquences possibles.
Dossier à lire : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=908
Lire aussi les travaux de :
AAAVAM Association d’Aide Aux Victimes d’Accidents de Médicaments
10, rue de la Paix, 75002 PARIS www.aaavam.com

4.6 Sexualité

L’intimité est indiscutablement un facteur indispensable pour que les visites soient de vrais moments de vie privée, familiale et amicale où l’on peut s’exprimer librement, se confier, se toucher. Mais elle est aussi nécessaire pour assurer un autre aspect de la vie privée et familiale garantie par l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, l’intimité sexuelle. La vie sexuelle contribue évidemment au maintien de la structure familiale (vie en couple) et est indispensable pour exercer un autre droit fondamental : le droit de fonder une famille garanti par l’article 12 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a recommandé aux Etats qu’ils devraient « envisager de donner aux personnes incarcérées la possibilité de rencontrer leur partenaire sexuel sans surveillance visuelle pendant la visite » Et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a préconisé d’améliorer les conditions de visites et de mettre en place de lieux d’intimité appropriés. Aussi, il faut généraliser les Unités de Vie et d’Intimité : elles doivent être accessibles à toutes les personnes incarcérées et pour toutes les visites (conjoint(e)s, enfants, et toute personne ayant un permis de visite), sans aucune discrimination.
La libéralisation de la parole sur la sexualité en prison qui demeure un sujet tabou (parloirs, homosexualité, viols...) doit être au centre des actions menées.
Dossier à lire : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=1254

4.7 Handicap

Le comité consultatif national d’éthique, dans son avis publié en 2006, sur la santé et la médecine en prison, souligne que les personnes handicapées sont confrontées en prison à trois grandes difficultés :

- L’inaccessibilité des lieux qui empêche la personne incarcérée handicapée de bénéficier des parties communes (douches, salles de travail, bibliothèque, cour de promenade...). La plupart des prisons manquent totalement ou partiellement de barres d’accès et d’ascenseurs, de douches et de WC aménagés, de cellules individuelles suffisamment spacieuses pour recevoir un lit adapté et un fauteuil roulant. Seuls les nouveaux établissements pénitentiaires sont censés comporter systématiquement au moins une cellule aménagée, soit 0,5% dans les seules nouvelles prisons, alors que le pourcentage de personnes handicapées incarcérées, toutes prisons confondues, était en 2003 de plus de 6%. De surcroît, au nombre de personnes entrant en prison et porteurs d’un handicap s’ajoute désormais celui des personnes qui ont vieilli en prison.

- Le manque total ou partiel d’aide technique : lit adapté, alèses, système de levage, fauteuil roulant. Ce manque est du même ordre que l’inaccessibilité des lieux, mais s’ajoute un problème de coût financier que l’administration ne veut pas supporter.

- L’absence d’une tierce personne pouvant les aider dans les gestes et soins indispensables au quotidien.

Ces différentes difficultés produisent des conditions de vie et d’hébergement attentatoires à la dignité des personnes handicapées incarcérées.
En plus de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), les personnes incarcérées peuvent maintenant bénéficier des prestations spécifiques telles que l’allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP), pour les personnes de moins de 60 ans, et l’aide personnalisée à l’autonomie (APA), pour les personnes de plus de 60 ans.
Mais, bien souvent les personnes concernées ont besoin d’être guidées dans les démarches.

Versement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) en établissement pénitentiaire

Le décret no 2005-724 du 29 juin 2005 a procédé à une réforme du versement de l’AAH lorsque les bénéficiaires de l’AAH sont hospitalisés, accueillis en maisons d’accueil spécialisées ou incarcérés. Les modalités de réduction de l’AAH ont été harmonisées et sont désormais précisées à l’article R. 821-8 du code de la sécurité sociale.
Il est désormais procédé à une réduction de l’AAH à compter du 1er jour du mois suivant une période de soixante jours révolus passés dans un établissement de santé, dans une maison d’accueil spécialisée ou dans un établissement relevant de l’administration pénitentiaire.
Le montant de l’AAH est alors réduit de manière que son bénéficiaire conserve, après réduction, 30 % du montant mensuel maximum de l’allocation. Comme dans la réglementation antérieure, l’intéressé ne peut, cependant, recevoir une allocation plus élevée que celle qu’il percevrait s’il n’était pas hospitalisé dans un établissement de santé, placé dans une maison d’accueil spécialisée ou incarcéré.

La nouvelle réglementation élargit et harmonise les dérogations à la règle de réduction de l’AAH. Ainsi, aucune réduction n’est effectuée :
1. Lorsque l’allocataire est astreint au paiement du forfait journalier ;
2. Lorsqu’il a au moins un enfant ou un ascendant à sa charge ;
3. Lorsque le conjoint ou le concubin de l’allocataire ou la personne avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité ne travaille pas pour un motif reconnu valable par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées.

Par ailleurs, comme auparavant, la réduction n’est opérée que pendant les périodes où la personne est effectivement accueillie dans l’établissement à l’exclusion des périodes de suspension de prise en charge ou de congé. De même, le service de l’allocation est repris, sans nouvelle demande, au taux normal à compter du 1er jour du mois suivant la date à laquelle l’intéressé n’est plus hospitalisé, accueilli en maison d’accueil spécialisée ou incarcéré.
Ces règles sont également applicables, conformément au deuxième alinéa de l’article R. 821-9, aux personnes handicapées maintenues, au delà de l’âge de 20 ans, en établissement d’éducation spéciale dans l’attente de la notification de la décision d’orientation de la commission des droits et de l’autonomie.
Enfin, le décret no 2005-724 du 29 juin 2005 prévoit une clause de maintien des droits acquis pour les bénéficiaires de l’AAH hospitalisés, non astreints au paiement du forfait journalier, dont l’allocation est déjà réduite, à l’entrée en vigueur du décret (soit au 1er juillet 2005). Ils continuent ainsi, lorsque cela leur est plus favorable, à bénéficier de leur allocation dans les conditions prévues à l’article R. 821-8 dans sa rédaction antérieure au décret - soit une réduction de l’allocation de 20 % si l’allocataire est marié et de 35 % s’il est célibataire, veuf ou divorcé - pendant une durée d’un an à compter de la date d’entrée en vigueur du décret ou pour toute la durée de leur hospitalisation si celle-ci est d’une durée supérieure.

Dossier à lire : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=228

4.8 Psychiatrie

Dès qu’il est constaté la présence d’un trouble psychiatrique (y compris à un stade précoce), une prise en charge doit être proposée par le personnel soignant. Celle-ci ne doit pas être imposée ; elle doit être respectueuse, en toute circonstance, de la dignité de la personne ; elle doit être assurée de façon continue et sa mise en œuvre ne peut donc être indexée sur des critères de sécurité, conduisant trop souvent à des transferts ; le secret médical de doit pas être remis en cause, ni vis-à-vis du personnel de surveillance, ni vis-à-vis des autres personnes incarcérées. Lorsque la prise en charge nécessite une hospitalisation, le consentement doit être, autant que possible, recueilli. L’organisation de soins, sans consentement, quel que soit d’ailleurs le statut des personnes (incarcérées ou non), pose un véritable problème éthique qu’il est difficile d’ignorer.
Dossier à lire : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=626

4.9 Psychiatrie

Dès qu’il est constaté la présence d’un trouble psychiatrique (y compris à un stade précoce), une prise en charge doit être proposée par le personnel soignant. Celle-ci ne doit pas être imposée ; elle doit être respectueuse, en toute circonstance, de la dignité de la personne ; elle doit être assurée de façon continue et sa mise en œuvre ne peut donc être indexée sur des critères de sécurité, conduisant trop souvent à des transferts ; le secret médical de doit pas être remis en cause, ni vis-à-vis du personnel de surveillance, ni vis-à-vis des autres personnes incarcérées. Lorsque la prise en charge nécessite une hospitalisation, le consentement doit être, autant que possible, recueilli. L’organisation de soins, sans consentement, quel que soit d’ailleurs le statut des personnes (incarcérées ou non), pose un véritable problème éthique qu’il est difficile d’ignorer.
Dossier à lire : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=626

4.10 Nutrition

Apprentissage de principes alimentaires simples pour une prise en charge par les prisonnier(e)s de leur propre santé générale. Une personne touchée par le VIH a besoin de 20% d’apport calorifique en plus.
Il serait intéressant de faire un véritable menu spécifique, des contrôles sanitaires sur les aliments et l’eau du robinet dans les prisons ayant une forte concentration de calcaire pouvant provoquer des problèmes de santé.

4.11 Médecine pour les exclus

Le personnel soignant intervenant en prison doit être formé à la prise en charge des personnes ayant connu, avant leur incarcération, des situations de précarité sociale plus ou moins caractérisées. Une proportion non négligeable des personnes incarcérées se trouvait en situation de précarité familiale et/ou sociale avant l’arrivée en prison. Le fait de n’avoir pas bénéficié de soins réguliers, pendant une période plus ou moins longue, suppose une prise en charge adaptée. En outre, le temps de l’incarcération doit être l’occasion de mettre en place une stratégie de prévention pérenne pour ces personnes.

4.12 Stress (yoga)

La mise en œuvre de techniques adaptées à la gestion du stress est indispensable. Du personnel spécifiquement formé à ces techniques, telles que le yoga, ou bien des associations spécialisées dans ce domaine, doivent pouvoir intervenir dans ce sens. Le stress est généré par la prison elle-même ; l’enfermement, l’attente, l’incertitude, la privation sont autant de facteurs qui sont source de stress. Une réponse systématiquement médicamenteuse est totalement inadaptée et de nature à entraîner une dépendance préjudiciable à court, à moyen et à long terme.

4.13 Rapport au corps (théâtre, danse)

Les activités pouvant favoriser la restauration du lien à soi-même, en particulier par le rapport au corps, doivent se développer. Elles sont de nature à améliorer la confiance en soi, profitable, notamment, dans une perspective de réintégration dans la société.

4.14 Gérontologie

Les personnes âgées qui sont incarcérées, le sont, le plus souvent, depuis de nombreuses années. Aux problèmes identifiés pour les personnes âgées en général, s’ajoutent des facteurs aggravant, liés à une longue incarcération : rapport au temps difficile, insuffisance des stimulations sensitives et intellectuelles, pauvreté des relations sociales notamment. La prise en charge doit donc être renforcée. Il convient de multiplier les activités d’éveil, de favoriser le toucher et la parole, de rééduquer les déficits d’autonomie, d’éviter l’aggravation d’une déficience sensorielle.
En tout état de cause, une prise en charge réellement adaptée et respectueuse de la dignité humaine, pour des personnes qui sont dans les dernières années de leur vie, ne peut se faire qu’en milieu libre.
Dossier à lire : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=608

4.15 Spécificités pour les femmes incarcérées

Il doit être proposé aux femmes qui sont incarcérées les mêmes possibilités de soins, les mêmes actions de prévention et les mêmes tests de dépistage qu’aux femmes en général. A cela doit s’ajouter la pise en compte de problématiques spécifiques liées à certains groupes à risque, souvent plus représentés en prison qu’en milieu libre (par exemple présence à l’arrivée d’IST).
Les femmes enceintes doivent systématiquement bénéficier d’un aménagement de peine, en milieu ouvert, dès le début de la grossesse et aussi longtemps que l’éducation de leur enfant le nécessitera ; ces aménagements de peine doivent impérativement prendre en compte les particularités liées à la situation d’une future mère, puis d’une mère ; ils ne doivent pas induire de restriction ou de stigmatisation, d’aucune nature que ce soit, pour l’enfant.
Dossier à lire : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=576

4.16 Spécificités pour les mineur(e)s incarcéré(e)s

Il doit être proposé aux mineur(e)s qui sont incarcéré(e)s les mêmes possibilités de soins, les mêmes actions de prévention et les mêmes tests de dépistage que s’ils n’étaient pas incarcérés. Les familles doivent pouvoir bénéficier d’un soutien spécifique pour aborder et surmonter la question de l’incarcération et de la réorganisation de la structure familiale, et notamment savoir soutenir et protéger les enfants.
Quand on sait que la rupture familiale, la rupture amicale et le suicide interviennent dans les premiers temps de l’emprisonnement, la présence d’un psychologue indépendant du système judiciaire pourrait à la demande des personnes incarcérées et/ou de leurs familles les aider à dépasser le choc de cet événement et, par la suite les accompagner au long du temps d’incarcération pour les aider et les encourager à maintenir les liens nécessaires à la structuration d’un être social (préparer la visite, une sortie, etc.).
Dossier à lire : http://www.prison.eu.org/rubrique.php3?id_rubrique=173

4.17 Spécialités : dentistes, dermatologie, optique

L’accès à toutes les spécialités doit être assuré dans les mêmes conditions qu’à l’extérieur. Des critères de sécurité, si une extraction est nécessaire, ou bien des critères financiers, totalement infondés, ne peuvent être mis en avant pour différer une prise en charge. Des spécialistes, qu’ils exercent en milieu hospitalier ou dans un cabinet privé, doivent être encouragés à intervenir en prison de façon régulière, de manière à assurer l’égalité des soins entre milieu ouvert et milieu fermé. L’incarcération ne doit pas avoir pour conséquence l’inaccessibilité à certains soins comme la dermatologie, l’orthophonie, l’ophtalmologie ou les soins dentaires.

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