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Le Sidaction 2008 : "l’égalité des chances"

Mise en ligne : 16 mars 2008

Dernière modification : 16 mars 2008

Texte de l'article :

Les 28, 29 et 30 mars prochain, l’association Sidaction organise, comme chaque année, une campagne nationale à la fois de sensibilisation du public et de collecte de dons, destinés non seulement à la prévention et au soutien aux personnes malades, mais aussi à la recherche. Le thème de l’égalité des chances des personnes séropositives sera au cœur des informations diffusées tout au long de ce week-end de solidarité. S’agissant du milieu carcéral, peut-on réellement parler d’égalité ? Le milieu carcéral présente une prévalence 3 à 4 fois supérieure à celle de la population générale pour le VIH (syndrome de l’immunodéficience acquise).

 Même s’il constitue une avancée, le transfert de la prise en charge de la santé des personnes incarcérées, du service public pénitentiaire au service public hospitalier, édicté par la loi n°94-43 du 18 janvier 1994 (relative à la santé publique et à la protection sociale), n’a pas résolu tous les problèmes. Il demeure d’importantes difficultés dans les domaines du respect du secret médical ou de la continuité des soins lors des transferts ou au moment de la libération par exemple.
La prévention, pourtant indispensable, suppose notamment l’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels. Ils sont certes mis à disposition à l’unité de consultation et de soins ambulatoire (UCSA). Mais, malgré la circulaire 739DGS/DH/DAP du 5 décembre 1996 précisant qu’ils peuvent être gardés en cellule, la possession de préservatifs est souvent assimilée à la pratique de l’homosexualité et ce dans un milieu particulièrement homophobe.
La promiscuité ne permet pas d’assurer des conditions d’hygiène limitant les risques d’infection pour les personnes atteintes par le VIH. Le taux d’occupation, dans certaines maisons d’arrêt, dépasse en effet 200 %.
Le travail, quand il existe, est faiblement rémunéré, ce qui ne permet pas d’acheter les compléments alimentaires nécessaires ; ces produits ne sont d’ailleurs pas toujours "cantinables" facilement.
Par la loi du 4 mars 2002 (relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé), la suspension de peine pour raison médicale est possible. Depuis l’entrée en vigueur de la loi jusqu’à fin 2006, seules 269 personnes ont bénéficié de cette disposition. Environ 120 à 130 personnes meurent chaque année en prison, hors les cas de suicides et toutes pathologies confondues.

 L’égalité face à la maladie, l’égalité des chances face au travail par exemple pour les personnes malades, y compris pour les personnes incarcérées, passent par un effort accru en direction de cette population, compte tenu des altérités propres au milieu carcéral. La sécurité ne doit jamais être un prétexte pour remettre en cause le droit des malades à accéder à des soins dans des circonstances équivalentes à celles de l’extérieur ; elle ne doit pas non plus entraver les chances de réintégration qui se posent avec acuité en prison.

La rédaction
Ban Public
Mars 2008