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3 questions à l’OIP

Mise en ligne : 15 April 2005

Texte de l'article :

La loi de 1994 a marqué un important progrès pour l’accès aux soins des personnes séropositives en prison. Où en est-on aujourd’hui ?
Depuis 2002, tous les services de santé qui interviennent en prison sont entrés dans le giron de l’hôpital public. Cet aspect fonctionne. L’accès au traitement est globalement satisfaisant à condition d’arriver à voir le médecin. Reste que des pans entiers de la loi sont inappliqués, je pense notamment à tous les programmes d’éducation à la santé et de prévention. A part quelques rares initiatives, tout reste à faire pour que la prévention entre en prison.

Que prévoyait la loi pour les hospitalisations ?
Il est prévu de créer des structures régionales sécurisées dans le centre hospitalier régional. A l’heure actuelle, seules deux unités UHSI [unité hospitalière sécurisée interrégionale, NDLR] ont ouvert sur les huit prévues. Là aussi, un pan entier du schéma d’hospitalisation prévu par la loi reste à mettre en place.

Quel est le schéma d’hospitalisation actuel ?
Les détenus peuvent être hospitalisés à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes [Val-de-Marne, NDLR] mais beaucoup refusent car c’est parfois très loin
de leur lieu de détention, très loin de leurs familles. Par ailleurs, les temps
d’attente à Fresnes sont énormes, dès que possible les détenus sont replacés en maison d’arrêt en attendant leur transfert vers leur prison d’origine, ils sont contraints de passer leur convalescence dans des maisons d’arrêt totalement vétustes et surpeuplées. Les hospitalisations plus courtes ou urgentes se font à l’hôpital de proximité, souvent dans des conditions assez lamentables : personnel de garde présent dans les salles de soins et de consultation, détenus attachés à leur lit, menottés pendant le transfert...

Questions à François Bès
Propos recueillis par M. L.
Site de l’Observatoire international des prisons : www.oip.org

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