14161 articles - 12260 brèves

(2010) Mumia Abu-Jamal à nouveau menacé

Mise en ligne : 15 October 2010

En savoir plus
Texte de l'article :

Le sort du journaliste est entre les mains d’une cour d’appel. Verdict attendu le 9 novembre.

Oseront-ils programmer l’assassinat de Mumia Abu-Jamal, le journaliste noir états-unien condamné à mort en 1982 à l’issue d’un procès truqué  ? La cour d’appel fédérale de Pennsylvanie va statuer le 9 novembre sur le sort définitif de celui que l’on appelle « la Voix des sans-voix », en « choisissant », selon les directives de la Cour suprême des États-Unis, entre le meurtre « légal » et la détention jusqu’à ce que mort s’ensuive.

La bande de fanatiques racistes – le juge, qui avait déclaré aux jurés avant le procès qu’il allait «  les aider à frire ce Nègre  »  ; le procureur, qui leur avait expliqué que Mumia avait prémédité le crime  ; la mafia syndicale policière, le Fraternal Order of Police, qui continue depuis à mener campagne pour la mise à mort de sa victime – se mobilise à nouveau.

Et pourtant, par deux fois la vie de Mumia a été sauvée par des millions de militants et de personnalités à travers le monde. Sa cause est devenue un symbole universel du combat contre la peine de mort, le racisme et la justice de classe (voir l’Humanité du 6 octobre dernier). Le seul moyen aujourd’hui encore de le sauver, c’est d’envoyer des dizaines de milliers de pétitions au président Obama (1).

Aux États-Unis, l’exécution capitale consiste le plus souvent en un empoisonnement. Il s’agit d’un rituel sadique et particulièrement insupportable exécuté en présence des proches des victimes pour qui, dit-on, ce serait «  l’issue d’un travail de deuil  ». En réalité, la polarisation exclusive du système judiciaire sur la victime d’un crime et la vengeance conduisent à la légitimation de la barbare loi du Talion.

3 261 personnes se trouvent dans les couloirs de la mort états-uniens, dont 42 % de Noirs (alors qu’ils ne représentent que 12 % de la population). Sur 35 États pratiquant «  l’assassinat légal  », 11 ont effectivement tué «  au nom du peuple des États-Unis  » en 2010, avec un total de 41 morts depuis le début de l’année. En tête, bien sûr, le Texas avec 16 exécutions.

 

(1) Toutes les informations sur le site de la coalition française de soutien  : www.mumiabujamal.net

Michel Muller