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(2008-04) UGSP-CGT Politique pénale répressive et surpopulation carcérale : tout augmente en France

Mise en ligne : 24 April 2008

Texte de l'article :

Nous l’avions dit, les chiffres le démontrent !

63211 personnes incarcérées
12474 personnes en surnombre en détention.

Quand va s’arrêter l’inflation pénitentiaire ?

Depuis 6 ans, nous assistons à un recul des droits et libertés en France. Pire : politique de l’obsession sécuritaire pour un meilleur contrôle des populations !

Des lois Perben I et II en passant par la loi dite de sécurité intérieure, ou la loi de prévention de la délinquance, celle du traitement de la récidive, sans oublier les lois relatives aux « Peines Planchers » et l’ignoble « rétention de sûreté » !

Création de nouveaux délits pour de nouvelles incriminations : 6 années vouées à l’inflationnisme sécuritaire ! Accroissement des procédures d’urgence : 6 années vouées à l’augmentation du nombre de personnes incarcérées....

Création de fichiers automatisés et partagés, via la loi de prévention de la délinquance et d’autres, concernant le contrôle des familles, leurs enfants (absentéisme scolaire, Base élèves) ... extension des fichiers FNAEG(fichier national automatisé des empreintes génétiques) pour les non délinquants sexuels : 6 années vouées au contrôle des populations ! Volonté dès les lois Perben I, d’incarcération des jeunes et des mineurs, modification de l’ordonnance de 45 : 6 années de politiques répressives à l’encontre des jeunes ...

Création de la rétention de sûreté : aboutissement d’une grave dérive institutionnelle ....

Pourtant, la France et ses gouvernants ont été montrés du doigt par l’Europe, par le comité de prévention de la torture, pour le traitement qu’elle inflige aux personnes incarcérées. Les gouvernements et leurs ministres restent sourds.

La politique carcérale et pénale française est une honte : les personnes incarcérées n’ont pas à être traités comme du bétail acculé par l’institution à une violence certaine. Les personnels pénitentiaires, tous les personnels qui travaillent en prison n’ont pas à subir dans leur chair les dérives et obsessions sécuritaires, les dérives de ce marché de la sécurité !

La CGT Pénitentiaire dénonce encore une fois la politique pénale des gouvernants Français, les dérives sécuritaires et le mépris institutionnel qu’elles entraînent pour tous les personnels. Nous invitons les citoyens et les professionnels à se poser de sérieuses questions sur la question de la justice dans ce pays !

Montreuil, le 24 avril 2008