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(2004) Population sous écrou en Belgique

Mise en ligne : 24 July 2005

Texte de l'article :

80 évasions et 8 suicides en prison en 2004 (25/05/2005) 

Avec 9.330 détenus, la population carcérale n’a jamais été aussi élevée qu’actuellement
Population belge en 2002 : 10 296 000 habitants

BRUXELLES C’est officiel, selon les chiffres du service public fédéral Finances, il n’y a jamais eu autant de détenus dans notre pays. En date du premier mars, il y avait en effet 9.330 personnes incarcérées dans nos établissements pénitentiaires, 8.939 hommes et 391 femmes.

Dans le même temps, il n’y a jamais eu autant de disponibilités dans nos prisons avec 8.133 places. A titre de comparaison, en 1997 il y avait 7.333 places disponibles pour 8.156 détenus. Cela dit, si les deux variables de l’équation ont augmenté de manière simultanée, le problème de la surpopulation ne s’en trouve évidemment pas réglé et, par rapport aux chiffres de 2004, l’augmentation est de 81 détenus pour 41 nouvelles places.

Au-delà de ces chiffres globaux, la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, a livré à la Chambre quelques autres détails intéressants sur nos prisons. On apprend ainsi que, parmi la masse de détenus, au premier janvier 2005, 3.427 se trouvaient en détention préventive pour 4.854 qui purgeaient leur peine. Un élément qui apporte de l’eau au moulin d’une réforme du mandat d’arrêt pour tenter d’endiguer la surpopulation carcérale.

Par ailleurs, pour surveiller ces détenus pléthoriques, l’administration pénitentiaire disposait au premier janvier de cette année de quelque 4.672 gardiens et 958 chefs de quartier. On parle ici en équivalent temps plein. Cela signifie que, grosso modo, il y a un gardien pour deux détenus et on sait que le cadre des agents pénitentiaires n’est pas complet.

Cela n’a sans doute pas de lien mais l’on apprend aussi que, durant l’année dernière, ce sont pas moins de 80 prisonniers qui se sont fait la belle de nos prisons. Bon, d’accord, 67 ont quitté un régime ouvert mais bon, 13 évasions, dont celle de Benallal, ce n’est pas rien. Et ces chiffres n’incluent pas les non-rentrées de congé pénitentiaire ou ceux qui se sont soustraits à la surveillance électronique. Une surveillance à laquelle ont été soumis 1.131 détenus en 2004.

Enfin, il est indispensable de signaler qu’en 2004, selon les chiffres du ministère de la Justice, huit détenus ont mis fin à leurs jours dans nos établissements pénitentiaires. Cela peut sembler peu en regard du nombre de détenus, mais c’est toujours trop en termes humains.

Michaël Kaibeck

Source : La Dernière Heure 2005