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1B La création d’entreprise

Mise en ligne : 24 June 2006

Texte de l'article :

B. La création d’entreprise

1. Le profil des créateurs d’entreprise
Profil des créateurs d’entreprise en France  [1] :
Sexe

Hommes 74 %
Femmes 26 %

Age
Moins de 30 ans 20 %
De 30 à 39 ans 37 %
De 40 à 49 ans 27 %
Plus de 50 ans 16 %

Situation professionnelle au moment de la création d’entreprise
Sans activité 14 %
Au chômage 35 %
En activité 51 %

Niveau d’études de l’ensemble des créateurs
Supérieur au Bac 33 %
Niveau Bac 17 %
CAP - BEP 25 %
CEP, BEPC, brevet 9 %
Aucun diplôme 16 %

A travers ce tableau, on remarque que 49% des créateurs étaient sans activité ou au chômage au moment de leur création d’entreprise et que 50% avaient un niveau inférieur ou égal au CAP/BEP.

2. Les étapes de la création d’entreprise
Pour construire un projet de création d’entreprise et augmenter ses chances de succès, il est recommandé d’agir avec méthode en respectant des étapes chronologiques.

L’idée
Qu’elle naisse de l’expérience, du savoir-faire, de la créativité ou d’un simple concours de circonstance, l’idée prend souvent la forme d’une intuition ou d’un désir qui s’approfondit et mature avec le temps. La première chose à faire consiste à définir de manière très précise son idée.

Vérifier l’adéquation homme/projet
Cette seconde étape doit permettre de vérifier le réalisme du projet. Il s’agit donc d’étudier la cohérence entre la personnalité du futur entrepreneur, ses motivations, ses objectifs, son savoir-faire, ses ressources et ses contraintes personnelles ET les contraintes propres au produit, au marché, aux moyens qu’il faut mettre en place.

L’étude de marché
La réalisation d’une étude de marché permet de définir avec précision quelle sera sa clientèle, de se positionner face à la concurrence, et ainsi d’adapter son produit ou son service en fonction des éléments recueillis.

Le montage financier
Cette étape consiste à traduire, en termes financiers, tous les éléments réunis et à vérifier la viabilité du projet. Il s’agit donc de répondre à 2 questions : est-ce que l’entreprise sera rentable ? Est-ce que le futur entrepreneur peut financièrement créer son entreprise ?

Le choix de l’engagement
Toutes ces étapes permettent à la personne de se positionner pour savoir si elle s’engage ou non dans la création de son entreprise. Si elle choisit de le faire, il lui faudra alors chercher des financements, choisir la forme juridique de son entreprise, ainsi que le statut social et le régime fiscal qu’elle adoptera.

3. Quelles qualités, compétences et motivations pour être entrepreneur ?
Les qualités de l’entrepreneur
L’entrepreneur est avant tout ambitieux puisqu’il désire passionnément réussir.
Il se définit également comme un battant car derrière l’enthousiasme du démarrage se dissimule une multitude de contraintes telles qu’une rémunération pas toujours élevée, des horaires de travail allongés, une vie stressante, la solitude.
C’est, en outre, une personne autocritique et réaliste envers lui-même mais aussi envers les obstacles auxquels il aura à s’affronter. Il est pourvu d’un grand pouvoir d’adaptation car la vie moderne est en perpétuel changement. Il réagira promptement pour ne pas demeurer sur la touche.
Bien que sensible à l’échec, l’entrepreneur est stimulé par la difficulté. C’est en effet une personne active pour qui une vie sans problème serait d’une monotonie insupportable. La notion même de problème a le plus souvent chez lui une valeur constructive.
C’est aussi une personne de relation qui sait tisser des liens avec ses partenaires et en assurer la pérennité. Elle a une capacité de persuasion et de négociation qui lui permet de maintenir et développer son activité.

Ses connaissances et compétences
La formation et l’expérience procureront à l’entrepreneur une base solide pour se lancer dans la vie professionnelle. Le créateur d’entreprise combine ainsi une double compétence : des compétences managériales et commerciales ainsi que des compétences techniques dans le domaine dans lequel il veut se lancer.

Sa motivation
Les principales motivations de la volonté de création d’entreprise sont positives. Une liberté de travail, d’action et de décision (42%), une meilleure rémunération (23%), le fait d’être indépendant et autonome (20%), le fait d’être son propre patron (19%) et le fait de pouvoir exercer une activité qui passionne (16%) sont les arguments les plus souvent avancés par les personnes interrogées souhaitant créer leur propre entreprise [2].
La création d’entreprise peut être un moyen de s’épanouir et d’atteindre ses objectifs personnels. Il faut veiller à ce que ce soit un choix voulu, qui correspond à ses possibilités ; car pour entreprendre avec succès, il faut avoir éliminer les illusions, sélectionner une idée qui paraît la plus prometteuse et construire un projet, compte tenu de la personne et des moyens dont il dispose.

4. Les freins à la création d’entreprise
Selon un sondage réalisé par l’IFOP en 2001, les freins rencontrés lors d’une démarche de création d’entreprise sont les suivants :
Manque de moyens financiers et capitaux (67%), montant des charges sociales (20%), complexité des démarches administratives (15%), conjoncture économique (12%), problème de santé (10%), manque de qualification, diplôme et expérience (7%), l’investissement personnel que cela suppose (6%) (ibid.).
On peut également retenir comme frein le temps de préparation à la création d’entreprise. Il est possible d’immatriculer l’entreprise dans un délai très court, cependant étant donné le risque que représente une création d’activité, mieux vaut passer du temps à se former, étudier son marché, etc., ce qui signifie une rentrée de salaire moindre à ce moment là.

5. Les facteurs liés à la pérennité des entreprises
Il existe différents facteurs favorables et défavorables à la survie d’une entreprise dépendants ou indépendants du chef d’entreprise. Les voici lister sous forme de tableau  [3] :

Facteurs favorables 
-Le fait de reprendre une entreprise déjà existante
-Les secteurs du transport, des services domestiques, du service aux ménages
-La suffisance et la qualité des moyens financiers disponibles
-iveau de formation élevé ou une formation technique de type CAP avec une longue pratique professionnelle
-Une expérience antérieure dans le métier
-Une implication et une motivation fortes (ténacité, confiance en soi, moyens déployés, volonté d’indépendance et de réalisation de soi)
-Une préparation à la création d’entreprise (formation, étude financière et du marché, appel au conseil, etc.)
-Comportement logique, capacité d’analyse et d’adaptation 

Facteurs défavorables
-Un chef d’entreprise de nationalité hors Union Européenne
-Le secteur du commerce
-Un chef d’entreprise inactif ou chômeur de longue durée avant son projet de création
-Une personne qui crée son entreprise par contrainte
-Ne pas disposer et/ou ne pas tirer profit d’un réseau de relations

Ces facteurs, ajoutés aux qualités, compétences et motivations des entrepreneurs, ont une influence sur la cessation d’activité prématurée des entreprises françaises ou au contraire sur leur développement.

6. Les différents dispositifs et organismes dont peut bénéficier un ancien détenu [/em]
 a.. Les dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprise

Chéquiers conseil :
Ces « chéquiers conseils » permettent aux bénéficiaires d’obtenir des conseils d’experts (notaires, avocats, etc...) dans des domaines variés (plan d’action commercial, étude de marché, marketing, gestion de trésorerie, rédaction de statuts, etc...), lors de l’élaboration de leur projet ou du démarrage de leur activité.

ANPE :
OPI (Objectif Projet Individuel) :
Accompagnement du créateur sur 3 mois pour une aide au montage de son projet (business plan, construction méthodique et validation du projet)

EPCE (Evaluation Préalable à la Création d’Entreprise) :
Réalisation d’un diagnostic du projet et formalisation d’un plan d’action en relation avec un professionnel. Ces entretiens sont destinés à étudier le contexte personnel du porteur de projet, sa capacité à maîtriser les aspects relationnel, commercial, technique, financier, ses aptitudes à manager, ses connaissances en matière de réalisation d’une étude de marché, en matière de gestion administrative et financière, etc...

Plates-formes d’initiatives locales (PFIL)
L’accompagnement fait dans le cadre d’une PFIL consiste en un diagnostic général du projet, qui passe par une évaluation et définition des besoins et un examen critique du projet (étude de marché, dossier financier, etc.). Après cet état des lieux, le passage à la mise en œuvre concrète du projet nécessite une planification des actions à conduire pour l’installation de l’entreprise et éventuellement la négociation des financements complémentaires auprès des banques ou d’autres sources.

b. Les dispositifs de financement à la création d’entreprise

Prêt d’honneur :
Il a pour vocation d’augmenter les fonds propres et d’asseoir la crédibilité du créateur. Il permet de financer les besoins non financé par les banques : besoin en fond de roulement...
Montant entre 3000 € et 23 000.

ACCRE :
Exonération de charges sociales (hors retraite complémentaire, CSG et CRDS) pour les entrepreneurs la première année.

Prêt à la création d’entreprise  :
Le PCE finance en priorité les besoins immatériels de l’entreprise : constitution du fonds de roulement, frais de démarrage, mais peut aussi financer la reprise d’un fonds de commerce.
Le PCE est compris entre 2.000 et 7.000 euros.

EDEN (Encouragement au développement d’entreprise nouvelles) :
Avance remboursable d’un montant maximal de 6098€ qui permet d’augmenter les fonds propres de l’entreprise.

Crédit solidaire
L’ADIE soutient les créateurs d’entreprise n’ayant pas accès au crédit bancaire. En conseillant, en finançant et en accompagnant les chômeurs, les allocataires du RMI, mais aussi les salariés précaires.
Les " banques solidaires ", ayant pour l’instant le statut de société financière, collectent une épargne stable auprès de personnes physiques et morales souhaitant effectuer un investissement économiquement viable et socialement utile.

Notes:

[1] Enquête menée par l’INSEE en 2002

[2] Sondage IFOP. Janvier 2003. « Les français et la création d’entreprise »

[3] Lorraine Chapron. 2005. Mémoire IFAID. « Evaluer la capacité de gestion des personnes en difficultés qui créent leur entreprise ». 139p.

[/em] Ludovic Bruggeman. 2004. Mémoire. « Le guide créa ». 32p